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Faits divers - Justice

Attentats du 13 Novembre : "Quand une porte claque, on est toujours aux aguets" témoigne un rescapé berrichon

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Par , France Bleu Berry, France Bleu

Quatre ans après les attentats du 13 novembre 2015, France Bleu Berry a recueilli le témoignage de Jonathan Prud'Homme. Ce Berrichon de 33 ans a survécu à la tuerie du Bataclan avec sa compagne, blessée à la jambe. Il s'exprime aujourd'hui pour la première fois.

Façcade extérieur du Bataclan
Façcade extérieur du Bataclan © Maxppp - Bruno Levesque

Pouligny-Saint-Pierre, Communauté de communes Brenne - Val de Creuse, France

Quatre ans après les attentats du 13 novembre 2015, comment vont-ils ? France Bleu Berry a voulu prendre des nouvelles des Berrichons touchés par les tueries de Paris et de Saint-Denis. Ils sont sept à avoir été témoins ou victimes des attaques au Stade de France, aux terrasses des cafés ou au Bataclan. Salariée de l'hôpital du Blanc, Alexia était présente dans la célèbre salle de concert. La jeune femme a été blessée mais son ami qui l'accompagnait s'en est sorti indemne. Aujourd'hui, Jonathan Prud'homme accepte de témoigner pour la première fois. Le jeune homme nous a reçu dans son village de Pouligny-Saint-Pierre, tout près du Blanc. Là où il vit, là où il a grandi. 

Un carnage inscrit dans sa chair

Depuis quatre ans, beaucoup de choses ont changé chez ce trentenaire. Dans sa tête bien sûr, et sur sa peau, aussi, avec ces grandes étoiles noires dessinées sur son avant-bras. Le même tatouage qu'une des victimes du Bataclan. "C'était une petite blonde d'une vingtaine d'années, belle comme tout" se souvient Jonathan. Il ne connaît pas cette jeune femme qui vient de prendre une balle dans la tête mais son image le hante encore aujourd'hui. "Je la vois au sol avec une mare de sang autour et puis ce tatouage au bras qui m'a beaucoup marqué." Plus tard Jonathan décide de se faire le même, son "premier tatouage" : "Dès que je regarde mon bras, je pense à elle."

"Encore un peu de psy et d'hypnose et tout devrait rentrer dans l'ordre" - Jonathan Prud'Homme

La petite amie de Jonathan, Alexia, a heureusement plus de chance. Cette jeune berrichonne, fan de rock, reçoit deux balles dans une jambe mais elle s'en sort. Une fois cicatrisées, les blessures laissent place aux angoisses et à l'isolement. "On ne fait plus de concert, on ne fait plus de spectacle et même quand on entre dans une salle des fêtes, on regarde où sont situées les portes de secours." Le couple multiplie alors les séances d'hypnose, les rendez-vous chez le psy et il peut aussi compter sur le soutien sans faille des proches. Aujourd'hui ce travail de fond commence à produire son effet : "On a même pu aller au cinéma la semaine dernière" remarque Jonathan comme si cela relevait d'un exploit. "Après, on reste hyper vigilants" poursuit-il, "une porte qui claque et on est direct aux aguets, hyper réactifs." Confiant, le jeune homme veut croire que "ça va le faire" avec encore "un peu de psy et d'hypnose tout devrait rentrer dans l'ordre".

"Partir loin" pour "se reconstruire"

Mais depuis un bon bout de temps, Jonathan a la conviction que pour parvenir à tourner définitivement la page, il devra "changer de vie". De chauffeur routier, le jeune homme est ainsi devenu cuisinier dans un restaurant. Mais ce qu'il veut maintenant, c'est partir loin. "Je ne veux plus être là où je vis" dit-il au pied de l'église de Pouligny-Saint-Pierre qu'il a toujours connu. "Je pense qu'il faut reconstruire mais on ne reconstruit pas sur de l'ancien" souligne-t-il, pensif. "Toute ma famille se trouve dans un rayon de 20 bornes autour d'ici mais je me dis que ça ne fera de mal à personne si on prend l'air un peu". Mais pour aller où ? Quatre ans après cette nuit terrible du 13 novembre, Jonathan n'en sait toujours rien.

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