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Faits divers – Justice

Attentats du 13 novembre : un an après, la douleur de ceux qui ont perdu un proche

dimanche 13 novembre 2016 à 6:00 - Mis à jour le dimanche 13 novembre 2016 à 14:29 Par Cécile Bidault, France Bleu Nord et France Bleu

Il y a un an, les attaques terroristes tuaient 130 personnes à Paris. Dans le Nord-Pas-de-Calais, les proches des victimes sont toujours dans une grande souffrance. Et les rescapés tentent de se reconstruire. Patrick Jardin a perdu sa fille Nathalie. Il nous livre son émouvant témoignage.

Les attentats du 13 novembre 2015 ont tué 130 personnes à Paris
Les attentats du 13 novembre 2015 ont tué 130 personnes à Paris © AFP - Philippe Lopez

Marcq-en-Barœul, France

Patrick Jardin a perdu sa fille, Nathalie, qui avait 31 ans, qui vivait à Marcq-en-Baroeul, près de Lille, et qui était au Bataclan. Ce 13 novembre, il ira se recueillir sur sa tombe, après avoir fait donner, le samedi, une messe en sa mémoire, en l'église du Sacré-Cœur à Marcq.

"Elle me manque de plus en plus", raconte ce père en deuil. "Un jour, quelqu'un m'a dit que la douleur allait s'estomper avec le temps, mais c'est de pire en pire. Je vais vous faire une confidence : je continue à payer son abonnement téléphonique, pour pouvoir l'appeler de temps en temps, et entendre sa voix sur le répondeur".

Des commémorations "inutiles"

Le nom de Nathalie Jardin est inscrit sur la plaque qui a été dévoilée ce dimanche devant le Bataclan à Paris. Mais Patrick Jardin ne se rendra pas aux cérémonies de commémoration : "c'est inutile", estime-t-il, "on ne répond pas à des kalachnikovs avec des bougies".

Envahi par la colère depuis ce 13 novembre 2015, "une colère qui ne me quittera jamais", il considère que "rien n'a été fait depuis. Je voudrais qu'on prenne les mesures pour que ça ne se reproduise pas. Mais les attentats n'ont servi à rien, c'est scandaleux, nos dirigeants n'ont pas pris les mesures. Il faut s'attendre à ce qu'il y en ait d'autres".

Blandine Lejeune est avocate lilloise. Elle défend plusieurs familles de victimes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris. « Ils se reconstruisent petit à petit. Mais un an c'est très court pour se reconstruire, d'autant que les commémorations réveillent le traumatisme », explique-t-elle au micro de Cécile Bidault.

Pour les médecins, ce premier anniversaire est une étape

Pourtant, le psychiatre François Ducrocq, responsable de la cellule d'urgence médico-psychologique (CUMP) de Lille, considère que ce premier anniversaire, et ces commémorations, peuvent être "une étape" dans la reconstruction.

"Elles permettent de partager un peu d'émotion, de revenir sur des moments, certes douloureux, mais qu'on a vécus ensemble". Mais pour "ceux qui y étaient, les blessés psychiques, c'est différent", tempère-t-il, "20 à 30% de ces impliqués présentent des symptômes d'état de stress post-traumatique, et ces commémorations peuvent réactiver les difficultés". L'équipe lilloise de François Ducrocq est intervenue auprès des victimes des attentats de Paris, dès la nuit du 13 au 14 novembre.