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Faits divers – Justice

14 ans de réclusion criminelle pour avoir tenté de tuer sa conjointe à coups de machette

vendredi 1 février 2019 à 20:13 Par Alexandre Blanc, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu

Le 6 juillet 2016, à Regniowez, un sexagénaire était surpris par ses voisins en train d'asséner des coups de machette à sa compagne. Jugé par les assises des Ardennes, il écope de 14 ans de réclusion criminelle.

Palais de Justice (photo d'illustration)
Palais de Justice (photo d'illustration) © Radio France - Aurélie Lagain

Regniowez, France

La cour d'assises des Ardennes a condamné à 14 ans de réclusion criminelle un homme de 64 ans pour tentative de meurtre ce vendredi 1er février 2019. 

Le 6 juillet 2016, en fin d'après-midi, à Regniowez, ses voisins, alertés par les cris, l'ont surpris à califourchon sur sa concubine, sur le canapé du salon, en train de la frapper à coups de machette, plus précisément un coupe-fougère. La femme, entre la vie et la mort, a survécu à ses blessures. Au tribunal, elle a fait face à son bourreau pour la première fois depuis les faits. 

15 ans de calvaire

Cette agression à la machette est survenue après 15 ans de vie de couple marquée par la violence du sexagénaire

Il avait un cœur d'or quand il n'avait pas bu... mais c'était rare », glisse la victime à la barre.

Le couple vivait séparément, lui à Regniowez dans les Ardennes françaises, elle à Cul-des-Sarts dans les Ardennes belges mais tous deux se retrouvaient souvent sous le même toit.  

Un jour, chez elle, il la projette au sol, la frappe à la tête. Les voisins l'interrompent. Elle gardera le visage tuméfié pendant un mois. Une autre fois, chez lui, il l'étrangle. Là, encore les voisins interviennent. Il y a aussi ce coup de couteau porté au-dessus de la clavicule qui laissera une cicatrice. Et puis les menaces de mort, les coups de pied, les coups de poing.  

Les proches de la femme constatent les traces, suspectent les violences, s'interposent quand ils sont appelés à la rescousse, hébergent parfois la victime. Mais jamais les gendarmes ne sont prévenus.  

La femme minimise les faits. Pas de plainte. Pas de certificat médical. "Je me disais que ça passerait, mais ça ne passe pas". Alors un mois avant le drame, elle profite de l'hospitalisation de son concubin pour partir vivre chez sa mère, à Fumay. Lui brûle les vêtements qu'elle a laissés chez lui et la supplie de revenir, parce qu'il est gravement malade, parce qu'il va soi-disant mourir et qu'il doit aller à l'hôpital.  

Elle revient le temps d'un soir par pitié. "Tu ne repartiras pas", lui dit-il avant d'attraper la machette et frapper trois fois au moins sa victime, peut-être plus. Il faudra 44 points pour recoudre le crâne.  

L'indemnisation de la victime attendra

L'agresseur qui a quitté son domicile est vite interpellé. Deux heures après les faits, il affiche deux grammes d'alcool par litre de sang. À demi-mot, il reconnaît avoir porté des coups mais parle d'un accident, dit avoir glissé sur un tapis.  

À la barre du tribunal, une précédente compagne de l'accusé vient témoigner des violences qu'elle a subies, elle aussi, pendant leurs deux années de relation, malgré les trois plaintes qu'elle dit avoir déposées et qui sont restées lettre morte.

L'avocat du condamné n'exclut pas de faire appel. "Il n'y a pas d'intention criminelle", selon maître Patrick Manil qui estime que la maladie de son client peut avoir eu une influence sur son comportement et qui regrette qu'aucune investigation n'ait été menée en ce sens. Aucune peine de sûreté n'ayant été prononcée, le condamné pourra demander sa libération conditionnelle au bout de sept ans, en 2023. Il lui est interdit de rentrer en contact avec son ex-compagne.  

Près de trois ans après les faits, les séquelles sont conséquentes pour la victime qui a perdu en grande partie l'usage de ses mains. Les dommages et intérêts réclamés dépassent les 600.000 euros. Mais l'état de la victime n'étant pas consolidé, les juges ont renvoyé la décision au premier semestre 2020, sans accorder de provision. Ce qui signifie que la victime ne sera pas indemnisée d'ici là.