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Dossier : Chirurgien pédophile : l'affaire Joël Le Scouarnec

"Dégoût, colère, tristesse", confie une victime d'Indre-et-Loire du chirurgien soupçonné de pédophilie

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Par , France Bleu Touraine, France Bleu

Amélie Lévêque-Merle avait neuf ans lorsqu'elle a été opérée à Loches par le Docteur Le Scouarnec. Cette Tourangelle de 37 ans est l'une des victimes potentielles de ce médecin qui aurait sévi pendant des dizaines d'années. 250 victimes en tout ont été identifiées en Touraine, Bretagne et Charente.

Amélie Levêque-Merle est l'une des quatorze victimes présumées du Docteur Le Scouarnec lorsqu'il a exercé à Loches
Amélie Levêque-Merle est l'une des quatorze victimes présumées du Docteur Le Scouarnec lorsqu'il a exercé à Loches - Capture d'écran - Document France 2

Dans les petits carnets du Docteur Le Scouarnec, des victimes tourangelles ont été identifiées par les gendarmes. Le procureur de La Rochelle explique que quatorze victimes d'Indre-et-Loire ont été repérées dans les carnets de ce médecin qui pourrait être le plus grand prédateur-pédophile de l'histoire. Il aurait sévi à l'hôpital, puis à la clinique de Loches entre 1983 à 1993, avant de partir en Bretagne, là où il y a le plus grand nombre de victimes potentielles. A ce jour, 184 plaintes ont été déposées contre Joël Le Scouarnec, dont l'une émane d'une tourangelle aujourd'hui âgée de 37 ans.

Amélie aurait été abusée lors d'une opération à l'âge de 9 ans

Amélie Lévêque-Merle avait neuf ans quand elle a été opérée de l’appendicite à la clinique de Loches. Nous sommes en 1991. Depuis des dizaines d'années, elle raconte avoir vécu une vraie phobie du monde médical. Quand l'affaire de pédophilie visant le Docteur Le Scouarnec éclate en août dans la presse, elle se rapproche de son médecin qui récupère le rapport d'opération de l'époque. Il lui confirme qu'elle a bien été opérée par le Docteur Le Scouarnec. Quelques jours plus tard, elle découvre que son nom apparaît dans les petits carnets, avec des détails sordides. 

Elle aurait été abusée après l'opération, encore sous l'effet des sédatifs. Amélie a fait depuis des séances d'hypnose. Des bribes de souvenir lui reviennent, des flashs. Elle a porté plainte avec l'aide d'une avocate. Elle pourra se porter partie civile au moment du procès, mais pas dans le cade de celui programmé du 13 au 17 mars 2020 devant les assises de la Charente-Maritime, à Saintes, où Joël Le Scouarnec devra répondre de deux viols commis en 2017.

Je sais qu'il y aura un avant et un après. Amélie Lévêque-Merle

Amélie Lévêque-Merle, vous dites avoir deux sentiments qui se dégagent, très contradictoires, depuis les révélations de cette affaire, et la prise de conscience d'avoir été victime du Docteur Le Scouarnec, l'horreur et le soulagement. Pouvez-vous l'expliquer?

La première sensation, ça a été le soulagement, de me dire que je comprenais ce qui m'arrivait. Je comprenais pourquoi j'étais comme je suis aujourd'hui. Après, il y a le dégoût, la colère, la tristesse qui s'ajoutent. J'ai eu un mois où je n'étais vraiment pas bien. J'ai pris une semaine de vacances et désormais je suis mieux. Même à mon avocate, je n'arrivais plus à en parler. J'en avais marre, mais là, cela va mieux.

Votre vie de famille est-elle impactée ces derniers mois? 

Oui, je suis descendue vraiment très bas. Je suis sous antidépresseur. Je ne me suis jamais arrêtée de travailler car j'ai ma propre entreprise, du coup, ça m'a quand même porté. Mais en tant que femme, je me sent salie. C'est compliqué. Certes, j'ai une chance inouïe d'avoir un mari très compréhensif et patient, mais je sais qu'il y aura un avant et un après. 

Depuis la révélation de cette affaire, vous avez fait des séances d'hypnose. Pourquoi?

Si je n'avais pas fait de séances d'hypnose, je pense que je n'aurais jamais retrouvé la mémoire. Déjà, pour en parler, c'était très important. Ensuite, l’hypnotiseur m'a proposé de faire la méthode EMDR où l'on revit la situation dans laquelle on était. A partir de là, j'ai eu des flashs. Il m'a fallu trois séances. J'ai eu deux séances avec des gros flashs. J'ai revécu toute la scène. Désormais, j'ai arrêté les séances. C'et bon, j'ai vu, j'ai compris. 

Vous avez porté plainte. Cette affaire devrait prendre énormément de temps pour aboutir à un éventuel procès. Comment appréhendez-vous ce délai là?

C'était un peu compliqué, mais mon avocate est très réactive. Nous nous appelons régulièrement, même s'il ne se passe rien, ce qui permet de garder un lien. Cela me tient, car c'est très long, on ne sait pas si cela va aboutir. Mon avocate me demande de la patience, de la discrétion, et de ne pas me décourager. 

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