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Faits divers – Justice

"Nous demandons que justice soit faite" : l'appel désespéré des proches de Cédric, un Azuréen tué au Brésil

vendredi 22 février 2019 à 6:19 Par Léa Guedj, France Bleu Azur

Depuis la mort du jeune Cannetois au Brésil il y a sept mois, sa mère et son frère se battent pour faire la lumière sur cet assassinat et obtenir l'arrestation du principal suspect, pourtant déjà localisé.

Installé depuis plus dix ans dans le paradis de Paraty, au Brésil, Cédric Vacherié a été assassiné en juillet 2018.
Installé depuis plus dix ans dans le paradis de Paraty, au Brésil, Cédric Vacherié a été assassiné en juillet 2018. - Fred Vacherié

Le Cannet, France

Sept mois de démarches juridiques, de lettres envoyées au président de la République ou à des "avocats de notoriété", d'affiches diffusées de l'autre côté de l'Atlantique... Un combat pour que le ou les tueurs présumés de Cédric Vacherié soient interrogés et punis. Aux côtés de sa mère "anéantie", son frère Fred se bat pour faire bouger les autorités. Le restaurateur cannetois dénonce les dysfonctionnements de l'enquête de la police locale et exhorte les autorités françaises à agir.

Cédric a été retrouvé assassiné d'une balle artisanale "à bout portant, dans la tête" en juillet 2018. Deux jours plus tard, il est découvert par des ouvriers, gisant "dans la boue, au milieu de la jungle, à des milliers de kilomètres de chez nous", soupire Fred. Sa maison, elle, est presque entièrement partie en fumée. 

Pendant l'enquête, une succession d'erreurs

Fred Vacherié et sa mère, Martine Jaurgoyhen, embarquent dans un avion pour le Brésil. Sur place, "on a vu les premières défaillances de l’enquête administrée par la police locale". Autour de la scène de crime, "pas de cordon de sécurité, tout le monde la piétinait", alors qu'on aurait pu "tenter de retrouver des empreintes", déplore Fred. La police scientifique réalise des prélèvements "cinq jours après le meurtre, en pleine nuit, sans éclairage", s'indigne le frère aîné.

Le père de famille de 40 ans se rend ensuite à l'institut médicolégal pour reconnaître son frère, "le visage déformé" par l'impact de la balle artisanale, "faite de paille, de pierres, de plomb". Là, il croise des policiers qui lui avouent qu'"avec les moyens qu'ils ont, ils ne peuvent rien faire".

Les principaux suspects identifiés étaient ses voisins

Cédric, artiste "un peu fou", était installé au Brésil depuis 10 ans. Dans la petite ville de Paraty, cité balnéaire au sud de Rio de Janeiro, il jouissait d'une "certaine notoriété" pour ses œuvres artistiques, mais aussi pour ses investissements. Il avait acquis plusieurs hectares de terre, "grâce à l'argent de l'héritage, au décès de notre père", explique Fred.

Quelques mois avant son décès, le jeune homme "touche-à-tout" avait des projets, notamment une maison en pleine construction, "au milieu de la jungle", dans laquelle il envisageait "de recevoir des écoles de danse". "Nous sommes convaincus et nous avons des preuves que c’est un de ses voisins, un pasteur évangélique, et ses fils, qui l'ont assassiné", lance Fred. Des personnes proches, qui "avaient travaillé sur le chantier" de la maison de Cédric, et auxquelles sa mère, Martine, avait même "apporté des confitures".

"Nous n'avons aucune nouvelle de l'enquête côté français."

Après "une enquête de proximité" réalisée par Fred et Martine eux-mêmes, les enquêteurs brésiliens décident de retourner à la maison du pasteur pour l'interroger. Mais ses occupants ont déserté. Lorsqu'ils le retrouvent, l'évangéliste accuse son fils du meurtre de Cédric. Un mandat est émis. "On sait tout de lui : on a une identité, une photo, une localisation, des coordonnées bancaires", énumère Frédéric.

Pourtant, "rien n'est fait au Brésil et nous n'avons aucune nouvelle de l'enquête côté français". Leur avocat a bien tenté d'obtenir l'accès au dossier. Peine perdue. Martine a adressé une lettre au président de la République. "On ne sait plus vers qui se tourner", explique Frédéric. "Nous demandons que justice soit faite (...) l'État français doit nous aider", exhorte-t-il. Le crime reste impuni, et les questions, sans réponse.

Des questions laissées sans réponse

Est-ce "la jalousie" qui a motivé cet homicide ? "Son homosexualité" ? Est-ce "parce qu'il n'était pas évangéliste" ou "parce que c'était un étranger qui avait investi"... ? À plusieurs milliers de kilomètres des lieux du drame, Fred envisage toutes les hypothèses. "Pourquoi ?" Cette question le hante, tout comme le visage du principal suspect.  

Frédéric et Martine ont lancé une pétition qui a déjà réuni près de 1.180 signatures, ainsi qu'une cagnotte. "On sait qu'il ne reviendra pas, confie Fred, mais sans arrestation, on ne pourra pas faire notre deuil."

La famille de Fred a déjà dépensé plusieurs milliers d'euros, notamment pour financer la diffusion de portraits du principal suspect. - Aucun(e)
La famille de Fred a déjà dépensé plusieurs milliers d'euros, notamment pour financer la diffusion de portraits du principal suspect. - Fred Vacherié