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Faits divers – Justice

18 mois de prison avec sursis pour le corbeau de la Mayenne

jeudi 21 juin 2018 à 17:37 Par Charlotte Jousserand, France Bleu Mayenne

Un Mayennais de 66 ans a été condamné à 18 mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans pour avoir envoyé 65 lettres injurieuses et menaçantes. Il compte faire appel de ce jugement.

L'homme a envoyé des courriers injurieux entre 1998 et 2017
L'homme a envoyé des courriers injurieux entre 1998 et 2017 © Radio France - Charlotte Jousserand

Laval, France

Près de 20 ans après l'envoi des premières lettres anonymes, le corbeau de la Mayenne, a été condamné à 18 mois de prison avec sursis au tribunal correctionnel de Laval ce jeudi 21 juin. 

Le corbeau choisissait ses victimes dans la presse locale

L'homme de 66 ans, originaire du nord du département était jugé pour avoir envoyé 65 lettres contenant injures et menaces de mort à une cinquantaine de gendarmes, à des policiers, à des magistrats mais aussi à des particuliers, notamment des femmes.

Dans ces lettres, le "scripteur" surnommé ainsi par les enquêteurs, abreuve d'insultes ses victimes. Il les choisit dans la presse locale et leur envoie, à chaque fois, une lettre manuscrite d'injures avec leur photo découpée dans le journal.  

Des victimes traumatisées

Dans la salle d'audience, certaines des victimes de ces lettres d'injures sont là. Sur un banc, sont présents une dizaine de gendarmes visés dans ces lettres mais aussi sur un autre banc, des habitantes de la Mayenne. Ces femmes ont presque toutes avec elles une copie de la lettre conservée soigneusement dans une pochette plastique ou dans un dossier. 

Injures, menace de viol, d'agression sexuelle sur plusieurs pages. Lorsque le président lit certains passages, quelques rires se font entendre dans la salle mais ces lettres ont traumatisé des familles entières comme celle de Germaine*. Sa mère a reçu une lettre du Corbeau de la Mayenne en 2009, un an après la mort de son mari. A 76 ans, cela l'a traumatisé. "Ma mère ne voulait plus sortir de chez elle. Nous, les enfants, on se relayait le soir pour dormir avec elle. Elle faisait beaucoup de cauchemars. Elle a du prendre des anti-dépresseurs"

Autre victime du corbeau de la Mayenne, cette adjudante de gendarmerie qui reçoit 8 jours après le décès de son compagnon, également gendarme, une lettre d'injures et de menaces. 

Démasqué par un H majuscule

Pendant l'audience, le président a détaillé les conclusions de l'expertises psychiatrique. Elles révèlent que le Mayennais au casier judiciaire vierge a un discours délirant sur la gendarmerie et la délinquance et qu'il a une "anomalie mentale" et "des idées dissociées"

Le président a questionné longuement l'homme de 66 ans. Le prévenu a répondu qu'il ne savait pas ce qu'il en était de ces lettres, qu'il aimait bien les gendarmes. Il reconnaît avoir envoyé trois lettres en 2009 à des personnalités, notamment à Nicolas Sarkozy mais il a continué à nier son implication dans les lettres d'injures. 

Une position qu'il tient depuis les premières garde à vue et sa première arrestation en février 2017. Pourtant le rapport de comparaison d'écriture est formel. Il y a des ressemblances d'écritures flagrantes entre les lettres anonymes et son écriture. Notamment, ce H majuscule écrit au milieu des mots et cet accent circonflexe très particulier. 

Le sexagénaire compte faire appel du jugement

L'avocat du Mayennais a demandé la relaxe mais le tribunal correctionnel a suivi le procureur dans ses réquisitions. Il a condamné le Mayennais à 18 mois de prison avec sursis avec mise à l'épreuve pendant deux ans et obligation de soins. Cela veut dire que si le sexagénaire se fait soigner et suivre par un médecin il n'ira pas en prison. En revanche, s'il ne suit pas cette obligation de soins, il sera incarcéré. 

Il doit également indemniser toutes les victimes qui ont demandé des dommages et intérêts. Il y en au pour quelques milliers d'euros. L'homme de 66 ans compte faire appel de cette décision. 

* le prénom a été modifié