Faits divers – Justice

Un médecin psychiatre condamné à 18 mois de prison avec sursis pour homicide involontaire

Par Gérard Fourgeaud, France Bleu Isère et France Bleu jeudi 15 décembre 2016 à 18:13

L' Hopital Psychiatrique Grenoble Alpes
L' Hopital Psychiatrique Grenoble Alpes

C'est une première condamnation de ce genre en France. Le tribunal correctionnel de Grenoble a condamné ce mercredi 14 décembre, le docteur Gujadhur, psychiatre de l'hôpital de Saint-Égrève, à 18 mois de prison avec sursis. Il va faire appel.

Cela n'était encore jamais arrivé en France : un psychiatre condamné mercredi à dix-huit mois de prison avec sursis après le crime d'un de ses patients. En novembre 2008, le Dr Gujadhur, avait autorisé un schyzophrène à sortir dans le parc de l'hôpital de Saint-Égrève (Isère). Ce patient en avait profité pour s'enfuir et rejoindre Grenoble où il avait poignardé sans raison, le 12 novembre 2008, un étudiant, cours Berriat à Grenoble. L'hôpital, en tant que personne morale a été relaxé ; le parquet avait requis 100.000 euros d'amende contre l'établissement. Le patient meurtrier, Jean-Pierre Guillot, n'a pas été jugé. Il était considéré irresponsable de ses actes depuis 2011.

La famille de l'étudiant poignardé se dit soulagée

"Ce n'était pas une fatalité que Luc meurt. C'est qu'il y a bien eu des fautes. Et tout ce qu'on a pu lire, en disant 'Ne faites pas ce combat-à, vous allez empêchez la psychiatrie d'avancer' ce n'était pas une fatalité, certains n'ont pas fait leur travail"

Un psychiatre reconnu responsable d'homicide involontaire

Mercredi, le tribunal correctionnel de Grenoble a relaxé l'hôpital, mais condamné le médecin à 18 mois de prison avec sursis. Il était poursuivi pour "homicide involontaire" parce qu'il n'avait pas contrôlé les sorties de ce patient schizophrène. Si la famille a obtenu un procès au bout de 8 ans de procédure, c'est que le père de Luc Meunier, décédé il y a un an, était lui-même avocat. Mais il y aura un autre procès car l'avocat du psychiatre va faire appel pour son client.

Retour sur les faits

La Justice reproche au psychiatre de ne pas avoir fait son travail et de ne pas avoir contrôlé les sorties du malade. Jean-Pierre Guillot est un schizophrène dangereux de 56 ans. Tout au long de sa vie, il a agressé très gravement, des soignants ou d'autres malades, poussé par des voies intérieures qui lui commandaient de tuer. Et c'est ce qu'il a fait le 12 novembre 2008. Il est sorti sans problème de l'hôpital psychiatrique, il a fait 10 km en bus, il a acheté un couteau de cuisine et il a poignardé mortellement le premier passant venu, Luc Meunier, un étudiant de 26 ans. Dans le long week-end du 11 novembre 2008, Jean-Pierre Guillot avait annoncé plusieurs fois qu'il allait tué quelqu'un. On ne l'avait pas pris au sérieux.

Le directeur de l'hôpital avait présenté ses regrets à la famille au cour du procès. Mais pas Le psychiatre. Le Dr Gujadhur s'était comporté comme s'il était étranger à l'établissement. Et cela ça a forcément pesé sur le jugement.

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