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Faits divers – Justice

18 mois de prison dont 9 mois ferme et 10 ans d'inéligibilité requis contre Maryse Joissains

mardi 15 mai 2018 à 9:28 Par Florent Le Saux et Julie Pacaud, France Bleu Provence

Maire d'Aix-en-Provence depuis 2001, Maryse Joissains-Masini a été mise en examen en 2014 pour détournement de fonds public et prise illégale d'intérêt. L'élue est poursuivie pour la promotion éclair de son chauffeur et l'embauche abusive d'une collaboratrice chargée de la maltraitance animale.

Maryse Joissains combattive à la sortie de son procès
Maryse Joissains combattive à la sortie de son procès © Radio France - Julie Pacaud

Montpellier, France

La maire Les Républicains d'Aix-en-Provence Maryse Joissains-Masini, 75 ans, était jugée ce lundi devant le tribunal correctionnel de Montpellier pour des soupçons de détournement de fonds publics et de prise illégale d'intérêts. Dix-huit mois de prison, dont neuf mois avec sursis, ainsi que dix d'inéligibilité, ont été requis à son encontre.

"Pour la bonne administration de la justice", le parquet aixois a demandé que Maryse Joissains ne soit pas jugée dans la ville dont elle est maire depuis 2001, d'où la délocalisation du procès à Montpellier

Lettre anonyme

Tout démarre en 2012 avec un courrier anonyme adressée au parquet d'Aix qui ouvre alors une enquête.  Au terme de leurs investigations, les enquêteurs avaient pointé "un somptueux mélange d'autocratie, de népotisme et de désinvolture dans l'engagement des deniers publics", tant à la mairie qu'à la  CPA (communauté du pays d'Aix).  

50e sur la liste... mais promu quand même

Maryse Joissains avait exigé la promotion d'Omar Achouri, son chauffeur et conseiller, âgé aujourd'hui de 65 ans, alors qu'il figurait à la 50e place sur une liste dressée par ordre de mérite. "Il a un engagement total que j'ai voulu récompenser par une promotion sociale", a assuré la maire, soulignant "la capacité à régler les problèmes" de son chauffeur harki, décrit comme un "personnage clef du système de clientélisme" aixois par différents hauts responsables administratifs de la ville.    

"La promotion d'Omar Achouri était erronée de manière criante", a estimé le procureur, estimant que l'élue avait voulu "gratifier un proche" avec lequel elle avait "une relation forte".    

Cause animale

Il est également reproché à Maryse Joissains l'embauche à son cabinet de la CPA d'une militante de la cause animale, Sylvie Roche, 50 ans, ce qui n'entrait pas dans les compétences communautaires.  

Maryse Joissains, qui défend la cause animale depuis les années 1970, a mis en avant le "savoir-faire avec les animaux maltraités" de Sylvie Roche, assurant que sa décision d'en faire un collaborateur de cabinet pour la communauté de communes du pays d'Aix relevait de son "pouvoir discrétionnaire" sans avoir à passer par un vote. "L'autorité territoriale, c'est moi ; le contrôle, c'est moi", a-t-elle martelé à la barre.  

"C'est une affaire politique qui était sortie à 4 mois des élections municipales. Il y a plein de linge sale, plein de lettres anonymes. C'est une horreur ce dossier. On n'a interrogé que des gens qui m'en voulaient, et ce sont eux qu'on entend." - Maryse Joissains

"J'irai loin dans la contestation"

Maryse Joissains qui qualifie les réquisitions de "grotesques"  a assuré être une maire "intègre et rigoureuse". "Mon territoire a besoin de moi, de mon honnêteté, de ma rigueur", a-t-elle affirmé.  "Je m'attendais à une demande de condamnation mais j'imaginais que ce serait plus mesuré.  J'espère que le président du tribunal saura raison garder et prononcera la relaxe.  Si ce n'est pas le cas, j'irai le plus loin possible dans la contestation, jusqu'à la Cour Européenne des Droits de l'Homme s'il le faut"

"Gravité extrême"

Pour le procureur Dominique Sie, les faits de détournement de fonds publics et de prise illégale d'intérêts sont pourtant "parfaitement caractérisés et d'une gravité extrême car ils sont le contraire de la probité attendue d'un élu". Il a donc requis 18 mois de prison dont 9 mois ferme et 10 ans d'inéligibilité.  

Par ailleurs, 12 mois de prison dont 6 mois ferme et une interdiction d'exercer dans la fonction publique pendant 5 ans ont été requis contre le fils du chauffeur de la maire, Christophe Achouri, 41 ans, accusé de "concussion" pour avoir bénéficié d'emplois de complaisance au sein de structures sportives où selon l'enquête il aurait brillé par son absence.

La défense a plaidé la relaxe de la maire d'Aix et du fils de son chauffeur.

Le tribunal correctionnel de Montpellier rendra son jugement le 18 juillet.

Si elle n'est pas relaxée, Maryse Joissains a l'intention d'aller dans la contestation jusqu'à la Cour Européenne des Droits de l'Homme - Radio France
Si elle n'est pas relaxée, Maryse Joissains a l'intention d'aller dans la contestation jusqu'à la Cour Européenne des Droits de l'Homme © Radio France - Julie Pacaud