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Faits divers – Justice

Deux policiers condamnés pour avoir blessé une passante avec une grenade de désencerclement en 2007 à Grenoble

lundi 10 décembre 2018 à 19:50 Par Véronique Saviuc, France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu

L'affaire a mis onze ans avant d'arriver devant la justice : le tribunal correctionnel de Lyon a reconnu coupables de "blessures involontaires" deux policiers, condamnés à la prison avec sursis pour avoir lancé la grenade de désencerclement qui a fait perdre un œil à une passante en 2017 à Grenoble.

Maud Caretta a perdu son oeil gauche à cause d'une grenade de désencerclement en 2007
Maud Caretta a perdu son oeil gauche à cause d'une grenade de désencerclement en 2007 © Radio France - Nicolas Joly

Grenoble

Un commissaire et un commandant de police ont été jugés coupables de "blessures involontaires" ce lundi à Lyon et condamnés respectivement à cinq mois et trois mois de prison avec sursis, suite au tir d'une grenade de désencerclement qui a éborgné une passante en mai 2007 à Grenoble. Deux autres policiers ont été relaxés

Le commissaire était responsable d'une opération de maintien de l'ordre le soir de l'investiture de Nicolas Sarkozy, le 16 mai 2007, pendant une manifestation de militants de l'ultra-gauche. Il y avait 200 policiers et gendarmes au centre ville de Grenoble.

Onze ans de bataille judiciaire avant le procès des quatre policiers à Lyon

Ce soir-là, Maude Caretta, une étudiante de 23 ans, en quatrième année de médecine sortait d'un bar avec une amie, place Grenette à Grenoble. Elle a été atteinte par une grenade de désencerclement lancée sur les manifestants qui étaient encore sur la place.

La jeune femme, devenue psychiatre en Haute-Savoie a du subir douze opérations depuis ce fameux 16 mai 2007. Mais elle a perdu un œil, l'odorat, le goût,  et se bat, depuis,  pour obtenir un procès.

Faute d'identifier le tireur, seul le commissaire a été renvoyé dès 2013 en correctionnelle pour "blessures involontaires", les trois autres policiers avaient d'abord bénéficié d'un non-lieu.

Faute d'identifier le tireur, les juges ont retenu la "commune imprudence" des policiers

Mais la jeune femme et son avocat Maître Hervé Gerbi n'ont pas accepté que les autres policiers présents ne soient pas jugés. La Cour de Cassation leur a donné raison en juillet 2017 et a renvoyé les quatre hommes devant le tribunal correctionnel de Lyon. Cette fois, les juges ont retenu la "commune imprudence" à l'égard de deux d'entre eux.

Le tribunal n'a pas suivi les réquisitions du procureur de la République qui réclamaient des peines de six à dix mois de prison avec sursis. Il s'est montré moins sévère. 

Un jugement "équilibré" pour le commissaire condamné à cinq mois de prison avec sursis

C'est un jugement équilibré, pour Maître Denis Dreyfus, l'avocat du commissaire condamné. "C'est un soulagement. Le commissaire n'était poursuvi que pour absence de sommations réitérées , ce qu'il a reconnu. Ces cinq mois de prison avec sursis sont un avertissement, une réponse adaptée. A priori mon client ne fera pas appel, parce qu'il faut qu'il y apaisement et cicatrisation des blessures"

""Il faut maintenant prendre une décision politique et interdire les grenades de désencerclement pour disperser les manifestants - Hervé Gerbi, avocat de la victime

A la suite de ce jugement et dans le contexte des manifestations des Gilets Jaunes et des lycéens, Maître Hervé Gerbi, spécialisé dans l'aide aux victimes, réclame l'interdiction de ce type de grenades. "Nous avons des policiers usés, fatigués, nous sommes le seul pays  à utiliser des engins explosifs pour disperser des manifestants. Et face à eux, il y a certes des casseurs, mais il y a aussi des manifestants qui sont pacifistes, des jeunes, des lycéens, des enfants, des parents. Il faut prendre une décision politique d'interdire les grenades de désencerclement, telles que les GLI-F4 responsables récemment de blessures du même type sur des manifestants".