Faits divers – Justice

25 ans après le crash du mont Saint-Odile, les victimes tournent la page

Par Céline Rousseau et Olivier Vogel, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu vendredi 20 janvier 2017 à 4:00 Mis à jour le vendredi 20 janvier 2017 à 8:30

Le 20 janvier 1992, un Airbus A320 d'Air Inter s'écrase près du mont Saint-Odile. 87 passagers et membres d'équipage sont tués.
Le 20 janvier 1992, un Airbus A320 d'Air Inter s'écrase près du mont Saint-Odile. 87 passagers et membres d'équipage sont tués. © Maxppp -

Vingt-cinq ans après le crash d'un Airbus A320 d'Air Inter près du mont Saint-Odile, le 20 janvier 1992, les proches des 87 victimes et les rescapés, vont une nouvelle fois se retrouver en Alsace ce week-end pour commémorer le drame. Les actions en justice sont désormais terminées.

Vingt-cinq ans après le crash, "on ne tourne pas la page mais le combat est derrière nous", explique Alvaro Rendon, le président de l'association Entraide de la catastrophe des hauteurs du Sainte-Odile (Echo). Elle avait été fondée dès 1992 par le dessinateur Tomi Ungerer, dont la sœur est décédée dans le crash.

Le 20 janvier 1992, à 19h30, un Airbus A320, de la compagnie française Air Inter, qui effectuait la liaison Lyon-Strasbourg, s'écrase au lieu-dit La Bloss, sur la commune de Barr, près du mont Sainte-Odile en Alsace. 87 passagers et membres d'équipage sont tués. Neuf occupants de l'avion survivent, dont un enfant de 8 ans, Romain. Ils attendent les secours pendant près de trois heures dans la neige et le froid.

ARCHIVE - Romain, 8 ans, raconte la nuit de cauchemar, le lendemain du drame

Dans la neige, les secours avaient mis plusieurs heures à trouver l'endroit du crash. - Maxppp
Dans la neige, les secours avaient mis plusieurs heures à trouver l'endroit du crash. © Maxppp -

Quand vous avez survécu, vous avez parfois des remords face aux familles qui ont perdu un proche" - Nicolas Skourias, rescapé du crash du mont Saint-Odile

Nicolas Skourias aussi a survécu au crash. Il habite aujourd'hui en Grèce. L'accident ne lui a laissé aucune séquelle. "Je n'ai pas été traumatisé, mais quand vous rencontrez les familles des victimes, vous avez des remords d'avoir survécu".

Nicolas Skourias, rescapé du crash du mont Saint-Odile - Maxppp
Nicolas Skourias, rescapé du crash du mont Saint-Odile © Maxppp -

Devant la justice : relaxe pour tous les prévenus

Le 2 mai 2006, quatorze ans après le drame, le procès s'ouvre devant le tribunal correctionnel de Colmar. Six personnes comparaissent pour « homicides et blessures involontaires ». Ils sont tous relaxés au pénal. La responsabilité civile d'Airbus pour une faute liée à la conception du cockpit de l'A320 et d'Air France en sa qualité de transporteur est toutefois reconnue.

A l'ouverture du procès les familles des victimes symbolisent leurs proches décédés avec des silhouettes en carton. - Maxppp
A l'ouverture du procès les familles des victimes symbolisent leurs proches décédés avec des silhouettes en carton. © Maxppp -

Pendant 18 ans, on s'est battu pour la recherche de la vérité" - Alvaron Rendon, président de l'association Echo

Aujourd'hui, Alvaro Rendon, le président de l'association des victimes Echo, n'en tire aucune "frustration". "Pendant 18 ans, on s'est battu pour la recherche de la vérité, pour que les personnes responsables assument leurs responsabilités. La justice ne l'a pas considéré ainsi, mais nous sommes tranquilles avec nous mêmes".

Alvaro Rendon, président de l'association ECHO - Maxppp
Alvaro Rendon, président de l'association ECHO © Maxppp -

Les rescapés et familles des victimes se retrouvent pour des cérémonies du souvenir, samedi à Strasbourg et dimanche à Barr.