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Faits divers – Justice

Un faux-avocat à Béziers mais de vrais dossiers en Isère et dans l'Hérault

mardi 28 mars 2017 à 10:06 Par Céline Loizeau, France Bleu Hérault et France Bleu Isère

Cet homme a plaidé devant des tribunaux à Grenoble et Villeurbanne notamment... sans jamais être avocat. C'est grâce à la perspicacité de magistrats berjalliens que ce Biterrois a été confondu il y a un an. Ce lundi, retour au tribunal, pour son procès cette fois.Il a écopé de 3 ans de prison ferme.

C'est grâce à la perspicacité de magistrats berjalliens que le faux avocat a été confondu il y a pile un an.
C'est grâce à la perspicacité de magistrats berjalliens que le faux avocat a été confondu il y a pile un an. © Radio France - Jacky Page

Bourgoin-Jallieu, France

Pour la procureur, dans ce dossier, on est tout simplement dans "l'illusion". Ce prévenu a tellement soigné les détails qu'elle s'imagine "la mise en scène d'un film". Elle cite notamment "les rendez-vous donnés aux clients dans les couloirs de palais de justice" car ça fait prestigieux. Il y aussi les diplômes de droit accrochés au mur de son bureau à Béziers. Diplômes qu'il n'a jamais passés. Et si on regarde de près d'ailleurs, l'homme aurait obtenu sa maîtrise un an avant son bac et une licence. C'est tout simplement impossible. Dietlind Baudoin évoque "un magicien en droit plutôt qu’un avocat".

L'homme a plaidé devant différents tribunaux

C’est un an plutôt, en mars 2016, que l’homme alors âgé de 67 ans est démasqué. Les médailles qu'il porte interpellent certains magistrats berjalliens. Il dit être inscrit au barreau de Genève et de Béziers, sauf que, vérifications faites, il n'en est rien. Pendant près de trois ans, à Grenoble, Villeurbanne ou bien encore dans l’Hérault où il vit, il réussit à tromper plusieurs magistrats et avocats. Il berne aussi l’association diocésaine de Montpellier. Il y a aussi quelques particuliers qui lui font confiance car on leur présente l’homme comme étant avocat et que sur sa carte de visite il est écrit « maître ».

Chez lui, à Béziers, les enquêteurs vont notamment découvrir une robe d’avocat installée sur un mannequin, un tampon et des papiers à en-tête avec la mention « avocat ». Sera aussi saisi un CD-ROM avec une copie du dossier d'instruction concernant l'assassinat du trafiquant de drogue grenoblois Mehdi Chine. L’homme s’est également présenté comme conseiller juridique pour Amnesty International, mais là encore c’est faux. Son épouse, entendue lors de l’enquête, confie avoir assisté à certaines de ses plaidoiries et précise qu'il est "l'avocat des pauvres".

"Un comportement qui ternit la profession d'avocat"

Sauf que la vie de son mari, c'est 17 condamnations notamment pour escroquerie. Soit 25 ans et 10 mois de prison. Ce lundi, le prévenu a eu des trous de mémoire et a eu du mal à se justifier. Quand la présidente lui demande "quel était l'intérêt ?" elle n'obtiendra pas de réponse claire. L'enquête prouvera que l'homme a reçu 11.000 euros en liquide de différents clients. L’homme a refusé de se soumettre aux expertises médicales et à l’expertise psychiatrique. "Certes, il a menti, mais il a travaillé et en a aidé certains" affirme son défenseur Jérémie Brill. Un avis que ne partage pas l'avocate d'une des victimes tout comme la représentante du barreau de Bourgoin-Jallieu, Adélaïde Freire-Marques. Pour elle, par son comportement, l'homme "a terni la profession".

Ce lundi, l’homme a été condamné à trois ans de prison ferme avec maintien en détention. La procureur avait requis un an de plus. Le faux avocat ayant déjà effectué un an en détention provisoire, il ne lui reste plus que deux ans à faire. Sa peine peut donc être aménagée, ce que va demander son avocat notamment car le condamné souffre d’une maladie du système lymphatique. Sa peine s'accompagne d'une obligation de soins et d'indemnisation de huit victimes pour un total qui avoisine les 10.000 euros. L'ordre des avocats de Bourgoin-Jallieu obtient ainsi l'euro symbolique qu'il sollicitait.

Reportage à la sortie du tribunal