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Une peine de trois ans pour la prise d'otage de fin juin à la prison de Saint-Quentin-Fallavier

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Par , France Bleu Isère
Saint-Quentin-Fallavier, France

La prise d'otage avait duré 2h30 le 30 juin dernier, en fin d'après-midi, à la prison de Saint-Quentin-Fallavier (Isère). Ce lundi, le tribunal correctionnel de Vienne a condamné à 3 ans de prison le détenu à l'origine de tout ça.

Des gendarmes mobilisés lors de cette prise d'otage.
Des gendarmes mobilisés lors de cette prise d'otage. © Maxppp - PHOTOPQR/LE DAUPHINE

Trois ans de prison avec mandat de dépôt pour une prise d'otage, le 30 juin dernier, à la prison de Saint-Quentin-Fallavier (Isère). C'est la peine prononcée ce lundi par le tribunal correctionnel de Vienne à l'encontre d'un détenu de 28 ans qui a retenu en otage pendant 2h30 un surveillant. L'homme avait décidé de prendre la place de deux infirmières, qui avaient d'abord été séquestrées brièvement. Le détenu, lui, a expliqué avoir fait ça afin de téléphoner à son petit garçon. Il avait fabriqué une arme avec deux lames de rasoirs. Il s'était finalement rendu de lui-même.

Les victimes n'ont pas repris le travail près de trois mois après les faits

Dans un courrier, l'une des infirmières écrit que depuis cette affaire elle est "très angoissée, est vite irritable". Sa collègue, elle, a expliqué "avoir eu peur de mourir ce jour-là." Toutes deux sont absentes. Trop dur. Et toute deux n'ont pas pu reprendre le travail. Le surveillant, qui a pris leur place dès que le détenu qu'elles visitaient à crier qu'il s'agissait d'une prise d'otage, témoigne à la barre. Parfois au bord des larmes. Lui aussi est en arrêt. Il raconte : les lames de rasoir à 20 cm de son visage, la crainte que ça se termine en un bain de sang. "Même si on est formé à la prise d'otage, on n'est jamais préparé à ça", confie-t-il.

Le prévenu, qui a changé 15 fois de prison en 9 ans en raison de son comportement, raconte "avoir perdu la tête, que l'envie d'entendre son fils était plus forte". "C'est le coup de folie d'un père pour son fils" , affirme-t-il. Ce jour-là, le personnel n'a pu lui donner satisfaction n'ayant pas de numéro pour joindre la maman de l'enfant avec qui le prévenu entretient de très mauvaises relations. A l'audience, il lit les mots qu'il a écrit pour s'expliquer sur ce jour. Il s'excuse à de nombreuses reprises, dit "regretter". Il avoue se rendre compte, après coup, de l'impact psychologique de cette scène sur ses victimes. Il dit "espérer qu'elles s'en remettront". Il ne conteste pas avoir préparé cette prise d'otage.

Un détenu qui change souvent de prison car violent

Comme l'avocat du surveillant, Jérôme Bourrier, le procureur, souligne le courage, le comportement exemplaire du surveillant ce jour-là. Le représentant du ministère public tient à rappeler la dangerosité du prévenu, qui à 28 ans, a été condamné à 14 reprises, essentiellement pour des actes de violences, des intimidations, des menaces de mort. Le procureur requiert trois ans de prison ferme avec mandat de dépôt. Le tribunal suivra cette demande.

L'avocat du prévenu, lui, avait demandé une peine plus "modérée". Il veut qu'on "juge les faits, mais pas ce qui aurait pu arriver", en référence aux propos du procureur qui a évoqué "une situation dangereuse, explosive qui aurait pu vite dégénérer." Et pour l'avocat de la défense, son client "a fait preuve de sang-froid pour ne pas que cela se termine mal. Il n'y a pas eu de coups et il a toujours été dans le dialogue."

Deux prises d'otage en deux ans au sein de cette prison

Outre les trois ans de prison, la peine du détenu s'accompagne d'une interdiction de porter une arme soumise à autorisation pendant une durée de trois ans. Dès la fin de l'audience, l'homme a rejoint la prison de Corbas où il avait été transféré après la prise d'otage à Saint-Quentin-Fallavier, le 30 juin. Il avait rejoint la prison nord-iséroise deux plus tôt car il avait mis le feu à deux cellules du quartier disciplinaire de la prison de Bourg-en-Bresse. Il s'agit "d'un détenu extrêmement compliqué à gérer" avait alors parlé le syndicat Ufap-Unsa.

Ce lundi, Alain Chevallier, représentant du personnel, assistait au procès tout comme la directrice de la prison, en soutien au surveillant. Selon le syndicaliste, la violence grandit en prison. Il dénonce comme souvent le manque de personnel. Entre les vacances de postes, les absences liées aux arrêts maladies, etc. il manque, d'après lui, actuellement environ 50 surveillants sur un effectif de 135. Cette prise d'otage était la deuxième en deux ans au centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier.

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