Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Trois conseillers municipaux de Limoges poursuivis pour incitation à la haine raciale

mercredi 25 avril 2018 à 11:07 Par Nathalie Col, France Bleu Limousin et France Bleu

Les trois conseillers municipaux de Limoges membres du groupe Bleu Marine étaient jugés par le tribunal correctionnel de Limoges ce mardi pour "incitation à la haine raciale". La Licra est partie civile dans cette affaire visant une tribune publiée en janvier 2017 dans le bulletin municipal.

La cité judiciaire de Limoges
La cité judiciaire de Limoges © Radio France - Nathalie Col

Limoges, France

Vincent Gérard, président du groupe Bleu Marine à la mairie de Limoges, et patron du parti en Haute-Vienne, comparaissait devant le tribunal correctionnel de Limoges hier aux côtés de Pierre Lafont et Christine Marty, eux aussi élus à la ville de Limoges. La cour s'est penchée sur une tribune publiée en janvier 2017,  dans le bulletin municipal Vivre à Limoges, contre laquelle la Licra avait porté plainte. L'association anti-racisme s'est portée partie civile et dénonce une stigmatisation des migrants dans ce texte.

A l'origine de l'affaire, un incident au CHU de Limoges

La tribune commence par relater un incident survenu aux urgences du CHU quelques mois plus tôt et impliquant "un de nos nouveaux habitants, logés, nourris,  blanchis, aidés, soignés, le tout gratuitement". Trois paragraphes plus tard, il se termine par un questionnement sur le risque de "viols collectifs", comme ceux commis par des migrants en Allemagne en 2016. A l'audience, le parquet et la partie civile ont dénoncé des "insinuations, supputations, allégations et raccourcis de nature à susciter un sentiment d'hostilité, de crainte et de méfiance." Philippe Merlier, président de la Licra ajoute que, même si les termes termes "étranger" ou "migrant" ne sont pas directement utilisés, "entre les lignes tout le monde comprend qui est visé." Il dénonce aussi un "amalgame et une généralisation insupportables" liés à ces propos.

L'auteur de la tribune assume tout et n'en changerait pas un mot

A la barre, Vincent Gérard assume pleinement ce texte, qu'il précise avoir écrit seul, même s'il est co-signé par les deux autres membres du groupe Bleu Marine à la mairie de Limoges. Des conseillers municipaux qui se disent "totalement solidaires" de ces propos. Le patron du FN en Haute-Vienne se présente comme un _"lanceur d'alerte"qui a voulu attirer l'attention sur une agression survenue au CHU de Limoges. Un homme aurait insulté, menacé et même craché sur une membre du personnel. "C'est ensuite pour défendre la cause de toutes les femmes que j'ai parlé à la fin de ma tribune des viols collectifs commis par des migrants en Allemagne, mais je ne  fais absolument aucun lien entre les deux"_ assure Vincent Gérard. Il reconnait tout au plus des mots peut-être maladroits et un récit un peu romancé.

1.500 euros d'amende requis pour chacun des prévenus

De leur côté, Maître Philip Gaffet l'avocat de la Licra et le substitut du procureur dénoncent d'abord des propos mensongers. L'enquête interne du CHU de Limoges fait état de tensions le soir de l'incident en question et "de propos un peu forts", mais rien de plus. Tous deux s'insurgent ensuite à nouveau des "insinuations, raccourcis et amalgames" contenus dans cette tribune. Le substitut Bruno Robinet y voit là "une caractéristique de la littérature d'extrême droit, pour stigmatiser les migrants et développer une thèse fondamentalement raciste et xénophobe." Il requiert 1.500 euros d'amende pour chacun des prévenus. La Licra demande également un euro symbolique de dommages et intérêts.

La défense plaide la relaxe

Pour la défense, c'est un avocat parisien spécialisé du droit de la presse qui est venu plaider. Maître David Dassa-Le Deist défend régulièrement des membres du Front National et dès l'ouverture de l'audience il a indiqué qu'il ne voyait pas bien ce qu'on reprochait à ses clients. Dans sa plaidoirie, il a précisé que "les propos de cette tribune sont vifs, peut-être excessifs, voire blessants mais en aucun cas ce n'est une infraction." Il défend la liberté d'expression et réclame la relaxe. Pour étayer sa demande il cite de nombreux précédents, "bien plus virulents", parus dans la presse nationale, pour lesquels les auteurs n'ont pas été condamnés. Le jugement sera rendu le 8 juin.