Faits divers – Justice

Trois et six mois de prison avec sursis pour la tête de sanglier à la mosquée du Pont-de-Beauvoisin

Par Céline Loizeau, France Bleu Isère et France Bleu jeudi 5 octobre 2017 à 17:45

Avec cette tête de sanglier, c'est la 3e fois en 6 ans que la salle de prière a été prise pour cible. En 2011, incendie de volets, et en 2014, tags racistes et injurieux.
Avec cette tête de sanglier, c'est la 3e fois en 6 ans que la salle de prière a été prise pour cible. En 2011, incendie de volets, et en 2014, tags racistes et injurieux. © Maxppp - PHOTOPQR/LE DAUPHINE/Thomas LANIER

Plusieurs mois de prison avec sursis ont été prononcés ce jeudi à l'encontre de deux garçons du secteur du Pont-de-Beauvoisin (Isère) qui dans la nuit du 21 au 22 juillet avaient accroché la tête sanguinolente d'un sanglier à la porte d'entrée de la salle de prière de la commune.

Fin juillet, ils ont accroché une tête de sanglier à la porte de la salle de prière de la communauté musulmane du Pont-de-Beauvoisin (Isère). Le procès des deux garçons de 20 et 23 ans a eu lieu début septembre. Ils étaient jugés pour provocation à la haine raciale en lien avec une religion. À la barre, ils avaient invoqué "l'erreur de jeunesse, la grosse bêtise après une soirée très arrosée." L'un d'eux ayant écrit une lettre d'excuses aux représentants de la salle de prière.

Ce jeudi après-midi, le tribunal correctionnel de Bourgoin-Jallieu a rendu son jugement. Le garçon, qui a vissé la tête de sanglier et qui ne s'est pas excusé, écope de 6 mois de prison avec sursis. L'autre garçon, qui l'a conduit jusque-là et qui a fait le guet, est condamné à 3 mois avec sursis. Le parquet avait requis 5 mois avec sursis à l'encontre des deux.

Par ailleurs, la décision sera affichée à proximité de la salle pendant un mois aux frais des condamnés. Ces derniers devront également verser 2.000 euros de dommages et intérêts aux 2 associations qui s'étaient constituées parties civiles. Il s'agit de association de défense des droits de l'homme-collectif contre l'islamophobie en France et l'association du juste milieu, qui occupe la salle.

Amar Daoudgherib, le président de l'AJM, l'association du juste milieu, qui gère la salle, réagit à ce jugement.