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Quatre ans de prison ferme pour un jeune braqueur de supérette à Béziers

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Par , France Bleu Hérault

Un jeune homme de 18 ans comparaissait ce vendredi après avoir braqué avec un pistolet à billes un Carrefour City mardi dernier à Béziers. Une caissière a été fortement choquée.L'homme aurait pu comparaître aux assises, mais le parquet a pris la décision de correctionnaliser las faits.

Salle des pas perdus du tribunal de Béziers
Salle des pas perdus du tribunal de Béziers © Radio France - Stéfane Poche

Un jeune âgé d’à peine 18 ans (depuis le 17 janvier) était poursuivi ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Béziers pour avoir attaqué mardi dernier la supérette Carrefour City, située avenue Jean Moulin. Un braquage à seulement 50 mètres chez lui.  Le visage dissimulé par l’énorme capuche de sa veste, ce jeune considéré comme immature, se rend vers 18h dans ce magasin qu’il connait bien. Il a sur lui un pistolet à billes. Empruntant la sortie de l'établissement,  il se rend vers une employée et lui met l’arme sur la tempe, exigeant le contenu de sa caisse. Il prend ensuite la fuite et se réfugie chez sa mère avec son maigre butin en mains : seulement 370 euros. 

Ce pied nickelé est arrêté rapidement par les policiers, moins de 10 minutes après ses méfaits. Un fonctionnaire de police qui venait de terminer sa journée, témoin de la scène donne l'alerte, et le suit jusqu’à son domicile rue de Metz. 

Cette affaire aurait pu se retrouver devant une cour d'assises et par conséquence la sanction aurait été plus encore lourde, mais le parquet de Béziers a décidé de correctionnaliser les faits.

Une victime fortement choquée

Ce jeune braqueur, connaissait bien ce magasin, à deux pas de chez lui pour y faire ses courses au quotidien et ensuite pour y avoir effectué son stage de troisième. Mais il avait été viré par son employeur pour des raisons de ponctualité. Le patron n’a pas le souvenir d’un comportement anormal hormis ses quelques retards à la prise de fonction.

Ce jeune, déscolarisé depuis la classe de première, n'est pas en mesure d'expliquer son geste et ne cesse d'exprimer des remords tout au long de cette audience, en présentant ses excuses d’abord à la victime puis à sa famille pour les torts commis. 

Sa mère handicapée, et ses trois sœurs assistent à l'audience avec d’autres membres de la famille et des amis. Le père de famille est absent. Et pour cause. Il n'a jamais voulu reconnaître son fils. Ce dernier est allé de foyer en foyer, subissant une maltraitance avérée.

Pour Maître René Zerby, son client n'est pas un voyou. 

La place de mon client n'est pas en prison dit René Zerby

L’arme utilisée, avait été trouvée six mois plus tôt dans la rue. C’est du moins ce qu’il explique.

"Je ne sais pas pourquoi j’ai gardé ce pistolet à billes. Il n’avait plus de chargeur et ne fonctionnait plus. J’aurai pu m’en débarrasser mais je l’ai caché sous des vêtements dans mon armoire, dans ma chambre, jusqu’à le ressortir ce mardi 5 février."

"Mais qu’est-ce-qui vous est passé par la tête ? Votre acte a été d’une extrême violence. Vous savez, nous jugeons rarement des braquages en correctionnelle. Vous avez échappé aux assises. Vous vous rendez compte ?" lance Claire Ougier, la présidente du tribunal.

La caissière, terriblement choquée, est en arrêt. Terrorisée, elle ne sait pas si elle va pouvoir reprendre son activité. Elle a été attrapée par le cou et s’est retrouvée avec une arme sur la tempe. 

"Imaginez un seul instant si c’était votre maman à la place de la caissière."

"Je n’ai pas réfléchi,répond l’accusé. _Mon acte n’était pas prémédité. Je n’ai pas d’explication. Je n’en reviens pas du mal que j’ai fait. Je n’ai pas réfléchi aux conséquences pour la victime et pour moi. Je m’en veux terriblemen_t."  

L’arme retrouvée, conservée dans un sac de scellés, est exposée. Bien qu’étant considérée comme un jouet, il est difficile pour des novices de faire la différence. 

Un dossier étrange dit son avocat René Zerby

" Il y a un décalage entre la violence des faits et l'immaturité du prévenu" dit son avocat

"V_oilà comment une vie bascule pour quelques euro_s, rajoute Jean-Philippe Rey. Comment un jeune à l’aube de sa majorité peut en arriver-là ?  lui demande le vice-procureur de la République. Il y a un décalage entre votre jeune âge et les faits."

Parce que les faits sont d’une extrême violence, le ministère public réclame cinq ans de prison et une interdiction de se rendre dans le Biterrois à sa sortie de prison. Son avocat René Zerby fait appel à la bienveillance du tribunal en espérant une sanction pédagogique. 

René Zerby essaie de toucher la sensibilité du tribunal, mais en vain.

Une peine de cinq ans de prison dont quatre ferme

La présidente du tribunal Claire Ougier prend le temps d'expliquer cette peine. "Il n'a pas été simple pour le tribunal de se prononcer vu votre jeune âge. Les faits par nature sont d'une extrême gravité et la sanction est à la hauteur de ce que vous avez fait. Pour la victime d'abord, choquée à vie. Ensuite, pour vous. Pour vous donner le temps de vous rendre compte de votre attitude. Quelle tristesse de vous voir ici, vous êtes si jeune," ajoute la présidente du tribunal de grande instance de Béziers.

Dans la salle, l’émotion grandit. La famille en pleurs tente difficilement de se ressaisir et n’imaginait pas un seul instant qu'une vie pouvait ainsi basculer en seulement 10 minutes. Dix minutes de stupidité.

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