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Faits divers – Justice DOSSIER : Affaire du crassier d'ArcelorMittal Florange

Quatre questions sur le procès d'ArcelorMittal Florange pour gestion irrégulière des déchets

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Par , France Bleu Lorraine Nord, France Bleu

Arcelor Mittal, géant de l'acier implanté à Florange, est renvoyé ce lundi devant le tribunal correctionnel de Thionville pour gestion irrégulière des déchets, suite aux révélations de Karim Ben Ali en 2017. Ce lanceur d'alerte avait dénoncé en vidéo des déversements suspects sur un crassier.

Les abords du crassier d'ArcelorMittal Florange
Les abords du crassier d'ArcelorMittal Florange © Radio France - Cécile Soulé

Florange, France

France Bleu Lorraine avait révélé la vidéo du lanceur d'alerte Karim Ben Ali il y a près de deux ans, en juillet 2017 et voilà qu'à la suite de ces dénonciations, le géant de l'acier ArcelorMittal est jugé ce lundi au tribunal correctionnel de Thionville. Même si l'ancien chauffeur intérimaire avait alerté sur une pollution à l'acide sur le crassier de l'usine de Florange, le parquet de Thionville, après une enquête préliminaire, n'a pas conclu à une pollution. Malgré tout, le groupe sidérurgique est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour "gestion irrégulière des déchets". 

Comment l'affaire a-t-elle été révélée? 

Les images chocs de la vidéo tournée par Karim Ben Ali ont été vues à ce jour 5,3 millions de fois sur Facebook. Leur diffusion, le 3 juillet 2017, a provoqué un scandale médiatique. Karim ben Ali, chauffeur intérimaire pour un sous-traitant d'ArcelorMittal Florange affirme dans cette vidéo avoir déversé de l'acide sur le dépotoir industriel, le crassier de Marspich, qui se trouve essentiellement sur la commune d'Hayange. On y voit un liquide jaunâtre et fumant. 

Y-a-t-il eu pollution?

La justice a donc ouvert une enquête préliminaire après ces révélations en juillet 2017. Elle conclut, 14 mois après, en septembre 2018, qu'il ne s'agissait pas d'acide pur mais d'eau usée avec un faible pourcentage d'acide chlorhydrique "relevant d'une ligne de décapage d'acide de l'usine de Sainte-Agathe". Selon la procureure de la République, le déversement n'a pas de caractère dangereux et "n'apparaît pas avoir eu d'impact sur l'environnement". 

Pourquoi ArcelorMittal est-t-il renvoyé devant le tribunal correctionnel?

Dans ses conclusions, la magistrate n'exonère pas complètement l'entreprise, car elle n'avait pas l'autorisation de déverser le produit sur le crassier. Elle évoque "un déversement non autorisé" sur ce terrain. Le produit déversé aurait dû être retraité dans un centre spécialisé. D'où ces poursuites pour gestion irrégulière des déchets, un délit passible de deux ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende. De son côté, ArcelorMittal rappelle qu'"il n'y a pas eu de pollution" et que sa gestion des déchets a "toujours fait l'objet d'un suivi rigoureux".

Qu'attend le lanceur d'alerte Karim Ben Ali de ce procès?

Karim Ben Ali, très éprouvé par ces révélations, attend aujourd'hui une condamnation du groupe sidérurgique :  "J'espère gagner, montrer que le petit peut écraser le grand, qu'Arcelor n'est pas tout puissant". Le lanceur d'alerte estime que son initiative s'inscrit dans une prise de conscience écologique. Poursuivi lui-même pour menaces à l'encontre de l'entreprise, il a été relaxé en mars dernier. Dans le procès de ce lundi, la communauté d'agglomération du val de Fensch et la fédération des chasseurs se sont portés parties civiles. Parmi les victimes citées à l'audience, il y a aussi trois associations écologistes.