Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Cinq ans de prison dont trois avec sursis requis contre le médecin orléanais soupçonné d’escroquerie

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Orléans

Cinq ans de prison dont trois ans avec sursis probatoire ont été requis contre Jean-Marc Blanchon, ce médecin orléanais soupçonné d'avoir escroqué la Caisse Primaire d'Assurance Maladie du Loiret. Le tribunal rendra sa décision le 2 septembre prochain.

Le docteur Jean-marc Blanchon et son avocat Me Manuel Abitbol
Le docteur Jean-marc Blanchon et son avocat Me Manuel Abitbol © Radio France - Marine Protais

"C’est le procès des dérives d’un médecin". Voilà les premiers mots de la procureure de la République ce mardi devant le tribunal correctionnel d’Orléans. A la barre, le médecin Jean-Marc Blanchon, soupçonné d’avoir escroqué et produit des faux à la Caisse d’Assurance Primaire Maladie du Loiret entre 2015 et 2020. Installé dans le quartier de l’Argonne, il est accusé d’avoir gonflé artificiellement le nombre de ses consultations en voyant jusqu’à 190 patients par jour. 

Le Dr Blanchon clame son innocence 

Devant le président du tribunal, le prévenu, veste bleue et pantalon foncé, lit soigneusement ses fiches. Il explique que oui, "il a une méga-activité, parfois plus de 120 patients par jour". Que oui, ça lui arrive ensuite d’aller faire des visites. Le président l´interroge : "La CPAM estime que c’est impossible, qu’il faudrait des journées de plus de 24h ?"

Voilà le cœur de l’affaire : le médecin a t-il vraiment pu voir 120 patients en une journée ? La CPAM n’y croit pas. Elle le soupçonne d’avoir fait des fausses déclarations, d’avoir signé de fausses feuilles de soin. Et le président du tribunal lui montre : toutes ces feuilles signées par des patients qui affirment ne pas l’avoir consulté. Ou ces doubles consultations : le même patient qui vient deux fois. "Oui, un patient qui vient le matin et qui revient le soir", répond le médecin qui assure qu’il passe en moyenne six minutes avec sa clientèle. Le généraliste explique que c’est suffisant pour faire un interrogatoire de qualité ainsi qu’un examen clinique.  Il n’a pas d’agenda, pas de dossier médical ni d’ordinateur. 

Il n'y a pas d'arrêt de maladie de complaisance

Sauf que certains patients, interrogés, assurent que certaines consultations durent entre quinze et vingt minutes. D’où les suspicions de la CPAM et du parquet. "Il n’y a jamais eu aucune fausse facturation, ni d’acte fictif. Il y a des gens qui viennent avec la carte vitale de quelqu’un d’autre, ou une attestation. Ce sont eux les fraudeurs, ils me bernent", assure le docteur.
Et puis quid de ces arrêts maladies supposés complaisants ? Fournis sans ordonnance pour des soins ? La CPAM pointe du doigt qu'il est largement au-dessus de la moyenne en terme d’arrêts maladie. "Il n’y a pas d’arrêt maladie de complaisance. Je les fais en mon âme et conscience de médecin."

Pour les parties civiles, tout ça renvoie plutôt à une "activité déviante" même pour l’avocat de la CPAM, un préjudice de 600 000 euros et une mise en danger des patients. "C’est l’argent, non pas le soin, non pas le serment d’Hippocrate", qui le guide estime la procureure qui requiert cinq ans de prison dont trois avec sursis probatoire de 2 ans, avec obligation de rembourser les parties, et une interdiction d’exercer pendant cinq ans.

La relaxe pure et simple pour ses avocats 

Viennent les plaidoiries de la défense : pour l'un de ses deux avocats, Yann Moreau, son client a des centaines de patients qui se portent garants pour lui. Et surtout il n'y a aucune preuve de fausse facturation, ni d'escroquerie. Il demande la relaxe pure et simple, avant de conclure : aucun malade n'a jamais porté plainte lui. Et "des soupçons" pour condamner quelqu'un ce n'est pas suffisant. A la fin de l'audience, le Dr Blanchon balbutie : "je suis effondré, ne me mettez pas en prison, je suis quelqu'un de bien."

Le tribunal rendra sa décision le 2 septembre 2021 à 13h30. 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess