Faits divers – Justice

Cinq hommes jugés pour avoir enlevé et séquestré un habitant de Châlons-en-Champagne

Par Sophie Constanzer, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu Lorraine Nord mercredi 14 décembre 2016 à 19:57

Le Palais de justice de Châlons-en-Champagne
Le Palais de justice de Châlons-en-Champagne © Radio France - Sophie Constanzer

Cinq hommes étaient jugés ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Châlons pour enlèvement et séquestration. En octobre 2012, leur victime avait été retrouvée en pleine rue à Metz, le visage tuméfié et sans chaussures. Deux à six ans de prison ferme ont été requis. Jugement le 18 janvier.

Sept personnes ont été mises en cause dans cette affaire qui remonte à octobre 2012, mais ils étaient seulement cinq à la barre ce mercredi après-midi. Cinq hommes comparaissaient donc devant le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne pour avoir enlevé et séquestré un jeune châlonnais âgé de 23 ans. L'homme avait été amené jusqu'à Metz, en Moselle, avant d'être passé à tabac et retenu dans un appartement. Une affaire sur fond trafic de drogue. La procureure de la république a requis ce mercredi 2 à 6 ans de prison ferme à l'encontre des sept prévenus, dont deux absents. Le jugement sera rendu le 18 janvier prochain.

La victime s'échappe et est retrouvée en pleine rue, sans chaussures

Le 10 octobre 2012, alors que l'un des prévenus est en train de discuter avec la victime, un véhicule utilitaire s'arrête et trois hommes cagoulés sortent, le ligotent avec du câble électrique et partent. Une voiture, devant, ouvre le chemin. La victime sera retrouvée le lendemain par un passant, en pleine rue à Metz (à 150 km de Châlons-en-Champagne!), sans chaussures, le tee-shirt déchiré et de multiples traces de coups sur le visage. Retenu, ligoté aux mains et aux chevilles pendant plusieurs heures dans un appartement de la banlieue de Metz, l'homme a notamment été frappé avec une clé à molette. Les ravisseurs avaient demandé 100 000 euros de rançon à la famille de la victime en échange de sa libération.

Les ravisseurs : de simples pions ?

Sur les cinq prévenus présents au procès hier, seuls trois reconnaissent avoir bien été là ce soir-là, et avoir participé à cette "expédition punitive". Les deux autres ne savent rien. Différentes traces ADN ont été retrouvées dans l'appartement où la victime a été séquestrée, et les relevés de téléphone prouvent la présence de chacun à Châlons-en-Champagne et à Metz les 10 et 11 octobre 2012.

Mais on ne connaîtra pas le commanditaire de l'enlèvement, celui envers qui la victime avait une dette. "Je peux pas le dire", lâche un des prévenus, par peur des représailles. Un autre prévenu, étudiant, raconte simplement avoir été "recruté" pour participer à l'enlèvement en échange d'une somme de 5000 euros.