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Faits divers – Justice

50 ans de la catastrophe du Puits Charles à Roche-la-Molière : "J'en pleure continuellement"

samedi 5 mai 2018 à 13:18 Par David Valverde, France Bleu Saint-Étienne Loire

Émotion et souvenir ce dimanche matin à l’Église Saint-Joseph-de-Beaulieu à Roche-La-Molière (Loire). Une messe sera célébrée à 10h30 en mémoire des six mineurs décédés au fond du Puits Charles il y a 50 ans, le 3 mai 1968.

Le journal "Le Progrès" après la catastrophe.
Le journal "Le Progrès" après la catastrophe. - Le Progrès

Roche-la-Molière, France

Six hommes âgés de 23 à 48 ans qui meurent à 788 mètres sous terre après ce qui s'apparente à un coup de grisou. Deux d'entre eux étaient polonais et 50 ans plus tard, c'est donc cette communauté polonaise qui va se souvenir et rendre hommage aux victimes après une catastrophe qui l'a durablement marquée. Car les Polonais étaient très nombreux au fond et ce drame, son histoire et les larmes qui ont coulées, sont transmis génération après génération. Edouard Pazdzior est le président de l'Union régionale des paroissiens Franco-Polonais : "Même si aujourd'hui il n'y a plus de puits de mine, plus de chevalet, ça reste dans les mémoires parce qu’on côtoie encore des personnes de l'époque, dont le papa a été tué dans la catastrophe".

"Les doigts rentraient dans la peau"

D'autres, comme Henri Wozniak ont vu la catastrophe au plus près. "Quand vous les voyez par terre, torse nu, tous brûlés...",  raconte celui qui avait 32 ans à l'époque, et était mineur mais aussi sauveteur. Après avoir travaillé de nuit, on est venu le réveiller au petit matin pour aller récupérer les corps. "Quand on les attrapait, les doigts rentraient dans la peau... Je vais vous dire : ce sont des souvenirs phénoménaux. (En larmes) J'en pleure continuellement quand j'ai des souvenirs comme ça".

Les larmes n'en finissent pas de couler, 50 ans après. Quand on allait au fond, on connaissait les risques, mais on n'était jamais prêt à voir la mort vous rattraper. C'est le père Poczatek qui célébrera la messe ce dimanche matin : "C'est resté dans les cœurs de presque chaque personne. Ils sont morts et il ne faut pas oublier cette mémoire, et par la prière transmettre aux futures générations".

Et pour s'en assurer, une stèle en mémoire des Polonais morts à la mine sera présentée aux paroissiens.

Reportage de David Valverde

De gauche à droite Edouard Pazdzior, Henri Wozniak et  le père Poczatek. - Radio France
De gauche à droite Edouard Pazdzior, Henri Wozniak et le père Poczatek. © Radio France - DV