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Faits divers – Justice DOSSIER : Violences conjugales : un Grenelle et beaucoup d'attentes

60 148 euros pour lutter contre les féminicides dans toute la Bourgogne-Franche-Comté : les associations déçues

Les associations qui viennent en aide aux femmes battues en Bourgogne-Franche-Comté sont déçues : pour les aider, le gouvernement ne va débloquer que 60 148 euros dans le cadre du Fonds Catherine. Selon elles, cette somme n’est pas pérenne, ne répond pas aux besoins et est tout à fait insuffisante.

Plus de 100 femmes sont mortes tuées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l'année
Plus de 100 femmes sont mortes tuées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l'année © Maxppp - Maxime JEGAT / PHOTOPQR/LE PROGRES

Bourgogne-Franche-Comté, France

60 148 euros : c'est ce que va recevoir la région Bourgogne-Franche-Comté pour lutter contre les féminicides. Cette somme provient du Fonds Catherine d'un million d'euros, annoncé avant le grenelle sur les violences faites aux femmes par Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes. Mais ce Fonds Catherine destiné aux associations locales est à partager avec deux régions : les Pays de la Loire et les Hauts-de-France. 

A peine plus de 60 148 euros pour les huit départements de la région, c'est la déception au sein des associations, qui vont devoir proposer un projet avant le 10 octobre pour espérer bénéficier d'une aide.

Ce qu'il faut surtout, ce sont des salariés en plus selon Solidarité Femmes 21

Au sein de l'association "Solidarités Femmes 21" en juillet, rien qu'à Dijon, 28 nouvelles femmes sont venues chercher de l'aide. Ce nombre est en hausse depuis deux ans, "on a une très forte affluence de femmes qui viennent depuis #Metoo et les campagnes de sensibilisation qui ont été faites, explique Marie Vindy, la présidente."

"On arrive plus à répondre à toutes les demandes" : Marie Vindy

Cela veut dire que la parole se libère ce qui est positif, le problème c'est que derrière cela ne suit pas : "on le voit nettement dans l'accueil de jour où on n'arrive plus à répondre à toutes les demandes," ajoute Marie Vindy. En effet, l'association travaille avec sept salariés à temps plein, "c'est difficile de devoir dire à une personne qui vient à l’association de revenir le lendemain parce qu'on a pas eu le temps de la recevoir. C'est vraiment un échec car c'est possiblement une femme que l'on a perdue. _C'est très concret : il faut plus de salariés pour les accueillir, ça veut dire plus de budget_. Alors qu'est-ce qu'on fait de cet argent qui est promis ? On ne va pas cracher dessus, mais on a besoin d’éléments supplémentaires et durables."

"Qu'est ce qu'on va devoir encore inventer pour 7 500 euros par département ?! C'est décevant"

Carole Ely, coordinatrice régionale des CIDFF (Centre d'information Sur les Droits Des Femmes Et Des Familles) de Bourgogne-Franche-Comté ne comprend pas pourquoi on demande aux associations de proposer encore un nouveau projet : "cela fait 40 ans que l'on accompagne des femmes victimes de violence : on sait comment accompagner ces femmes, donc qu'est-ce que l'on va sortir du chapeau ? On a déjà fait des dizaines de propositions, qu'est ce qu'on va devoir encore inventer pour un budget qui revient à 7 500 euros par département ? C'est décevant ! "

L'idée n'est pas d'inventer quelque chose, mais de "renforcer les zones où il y a des manques avec des procédés qui ont déjà fait leurs preuves", répond Laurence Guillet, la directrice régionale aux droits des femmes et à l'égalité femme homme à la préfecture de Bourgogne-Franche-Comté. 

"C'est un effet d'annonce" - Carole Ely

"On est déçu car le million, c'est un effet d'annonce : c'est trop peu aux vues de tout ce qui est à faire évoluer. Le million est trop faible et pas pérenne. On ne nous annonce pas un million d'euros par an supplémentaire sur le budget pour le droit des femmes donc on est déçu, oui," ajoute Carole Ely. Selon Laurence Guillet, il peut y avoir de la pérennité derrière ce fonds, si un projet fonctionne, il pourrait être déployé au niveau national.

Le 05 novembre, les projets qui verront le jour seront choisis. Tout cela doit être présenté le 25 novembre, dernier jour du Grenelle contre les violences faites aux femmes.  

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