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Faits divers - Justice

60e anniversaire de la catastrophe du barrage de Malpasset à Fréjus

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Par , France Bleu, France Bleu Provence, France Bleu Azur

C'est l'une des plus grandes catastrophes civiles du 20e siècle en France. Le 2 décembre 1959, la voûte du barrage de Malpasset cède, cause la mort de 423 personnes et provoque des dégâts considérables. Retour sur les faits 60 ans après.

Fréjus, France

Le barrage de Malpasset devait assurer l’alimentation en eau de l'agglomération de Fréjus/Saint-Raphaël (Var), des communes environnantes et de leurs plaines agricoles. Mais le 2 décembre 1959, cinq ans après la fin de sa construction, le barrage cède et provoque la mort de 423 personnes ainsi que des dégâts considérables. Routes, voies ferrées, fermes, immeubles sont détruits.

Construit sur le Reyran, dernier affluent sur la rive gauche de l’Argens, le barrage libère instantanément près de 50 millions de mètres cubes depuis son lac de retenue, en crue à cause d'intempéries intenses. En quelques minutes, une vague de 40 m de haut déferle à 70 km/h dans la vallée du Reyran. Retour sur l’une des plus grandes catastrophes du 20e siècle, 60 ans après.

Des manquements lors de la construction

L’étude d’un projet de barrage à Malpasset débute après la seconde guerre mondiale, en 1946. Le choix du type d’ouvrage et son emplacement sont arrêtés en 1950 et les travaux débutent en 1952. Fin 1954, le barrage est achevé. Le choix d’une voûte n’était sans doute pas adapté à la topologie et la géologie du terrain. Le seul géologue consulté avait conseillé la construction d’un barrage-poids plus en amont. Mais il n'a pas été écouté et n’a plus été consulté.

La mise en eau commence à l’automne 1954. Le lac de retenue se remplit très lentement, pendant une durée de cinq ans, à cause d’une très longue période de sécheresse. Mais dans la deuxième quinzaine de novembre 1959, des pluies diluviennes s’abattent sur la région. Ces très fortes précipitations provoquent des crues importantes des cours d’eau.

Le déroulé des événements

Le niveau du lac, à une quinzaine de mètres sous la crête, monte subitement de 4 mètres en 24 heures. La vanne de vidange n’est pas ouverte immédiatement afin de préserver le chantier de construction du pont de l’autoroute Esterel-Côte d'Azur, situé à 1 km en aval. Quand elle est finalement ouverte, le 2 décembre à 18h, l’eau est prête à déborder, très au-dessus du niveau de sécurité.

La rupture de la voûte se produit à 21h13 : en libérant 50 millions de mètres cubes et une vague de plus de 40 m de haut à 70 km/h. En une vingtaine de minutes, elle atteint les abords de Fréjus avant de se jeter dans la mer. Elle cause la mort de 423 personnes, dont 135 enfants, et des dégâts considérables.

L’aide aux sinistrés

Le plan ORSEC est déclenché immédiatement. La mairie de Fréjus transforme l'école des filles en dortoir pour accueillir les rescapés hébétés. L'école des garçons abrite les corps et les cercueils. Dans les jours qui suivent, le ravitaillement est distribué, des aides d'urgence sont versées aux rescapés. L’élan de générosité est national, et même international. Des vaccinations contre la typhoïde et une campagne de dératisation sont organisées.

Les travaux de rétablissement des réseaux de communication, d’eau, d’électricité… sont entrepris. Les circulations ferrées et routières commencent à être rétablies huit jours plus tard. Mais la ville mettra des mois à se relever. Des logements provisoires en préfabriqué sont installés pour reloger les sinistrés.

Les causes naturelles et humaines

La crue subite a provoqué une très rapide montée des eaux au niveau du lac de retenue. Le terrain est de qualité médiocre et de nombreuses failles sous le côté gauche de l’ouvrage font que la voûte du barrage ne repose pas sur une roche homogène. La roche explose sous le poids de l’eau et le barrage cède.

Mais les causes humaines sont diverses : pas d’étude sur le choix du lieu et du type d’ouvrage, sur la géotechnique, pas d’évacuateur de crue, une vanne de vidange trop étroite, pas de contrôle pendant et après la construction, ni au cours du premier et seul remplissage.

Pendant une dizaine d’années, des procès pénaux, civils et administratifs se sont succédé. La justice relaxe les ingénieurs et membres de cabinets d'études. Elle retient une "défaillance du terrain de fondation", couplée à "un piège préparé par la nature" avant, qu’en 1971, le Conseil d’État écarte toute responsabilité humaine.

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