Faits divers – Justice

A Besançon, trente ans après le meurtre de Virginie Raymond, le parquet relance un appel à témoins

Par Anne Fauvarque, France Bleu Besançon et France Bleu vendredi 20 octobre 2017 à 0:10

Virginie Raymond, 16 ans, en mai 1987, quelques mois avant son décès.
Virginie Raymond, 16 ans, en mai 1987, quelques mois avant son décès. - photo remise par la famille

Le 20 octobre 1987, une jeune fille de 16 ans était tuée de quatorze coups de couteau, chez elle, rue de Belfort à Besançon. Son meurtre n'a jamais été élucidé. Trente ans après les faits, le parquet de Besançon rappelle que ce crime non résolu reste d'actualité. L'instruction est toujours en cours.

Le parquet de Besançon n'a pas choisi par hasard la date du 20 octobre pour communiquer. "C'est une sorte de date anniversaire" explique Edwige Roux-Morizot, la procureure de la République de Besançon. Il y a trente ans, Virginie Raymond, une jeune fille de 16 ans était retrouvée en fin d'après-midi par sa mère, dans la cuisine de leur appartement rue de Belfort à Besançon, le corps lardé de quatorze coups de couteau. Pas de vol. Pas de viol. Ni mobile apparent.

La famille n'a jamais baissé les bras", Edwige Roux-Morizot, procureure de Besançon

Même cas de figure pour le second "cold case" bisontin, celui du meurtre de Corinne Bigler, une étudiante de 21 ans, retrouvée morte le 8 février 1992 dans son appartement de Besançon. La jeune femme a été frappée à plusieurs reprises au visage et à la tête. L'autopsie révèle qu'elle a été étranglée. Là aussi, pas de mobile et pas d'auteur. "Les deux affaires n'ont pas de lien entre elles du tout, précise la procureure, mais ce sont les deux crimes non élucidés, toujours à l'instruction à Besançon. Parce que dans les deux cas, ajoute Edwige Roux-Morizot, la famille n'a jamais baissé les bras, a toujours fait en sorte de redéposer plainte pour des charges nouvelles, afin que de nouveaux juges d’instruction soient saisis, de manière à toujours poursuivre les investigations".

Je ne voudrais pas partir avant de savoir", Patrick Raymond, le papa de Virginie

D'autant qu'au fil des ans, la science a nettement progressé. Dans le cas de Virginie Raymond, "les avancées en matière génétique nous permettent de faire de nouvelles investigations", indique la procureure. Car les scellés ont été conservés et sont en excellent état. Un espoir pour les parents de Virginie qui, à 67 ans, espèrent encore découvrir la vérité. "Quand on voit les progrès qu'il y a, confie Patrick Raymond, le père de Virginie, qu'on arrive à trouver la couleur des yeux, des cheveux, le type de peau, le type de personne : ça m'encourage. Je me dis, j'espère vivre encore assez longtemps pour qu'on l’attrape. Je ne pense qu'à ça, moi. Je ne voudrais pas partir avant de savoir".

Il y a donc l'ADN, mais aussi, qui sait, "de nouveaux témoins qui pourraient se réveiller" ajoute Edwige Roux-Morizot. "Il y a un certain nombre de personnes qui ont pu savoir quelque chose qu'ils n'ont pas dit au fil du temps, pour des raisons qui leur appartiennent et qui, à un moment donné, dit-elle, peuvent avoir envie de dire, 'oui j'ai pu voir quelque chose, j'ai vu quelque chose ou j'ai su quelque chose'. Et tout cela pourra nous être particulièrement précieux." "On aimerait encore une fois faire un appel à témoins, ajoute la maman de Virginie, Marie-Françoise Nunes-Melchior, pour que les personnes qui, à l'époque, n'ont pas parlé, ou qui ne se sont pas souvenu de quelque chose, puissent le faire maintenant. Qu'on puisse savoir la vérité. Ça nous aiderait quand même à vivre autrement, qu'il soit puni".

La justice fait en tous les cas tout son possible. C'est le message du parquet envers les familles de Virginie Raymond et Corinne Bigler. Le parquet qui rappelle par la même occasion aux tueurs, que deux crimes non résolus, 25 et 30 ans après, restent bel et bien d'actualité.