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Société

À Brétignolles-sur-Mer, la Zad s'étend à un ancien centre de colonies de vacances

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Par , France Bleu Loire Océan

Après la ferme de la Normandelière et les locaux d'une association, les zadistes, de plus en plus nombreux, occupent depuis le 31 décembre un nouveau lieu qui appartient à la commune, l'ancienne colonie de vacances de France Télécoms. Ils continuent de s'opposer à la construction du port.

L'ancien centre de vacances de France Télécoms, occupé depuis le 31 décembre par les zadistes, devant lequel la municipalité avait déposé des tas de terre pour éviter les intrusions.
L'ancien centre de vacances de France Télécoms, occupé depuis le 31 décembre par les zadistes, devant lequel la municipalité avait déposé des tas de terre pour éviter les intrusions. © Radio France - Victoria Koussa

Combien sont-ils à Brétignolles-sur-Mer ? Difficile de connaître précisément le nombre de zadistes qui se trouvent depuis octobre dernier dans cette commune de la côte vendéenne, regroupés contre le projet de construction d'un port de plaisance initié par le maire qui est, d'après eux, un désastre écologique et humain. Ce que l'on sait, c'est qu'ils sont une bonne cinquantaine, jusqu'à 150 parfois, d'après la mairie, et qu'ils sont de plus en plus nombreux à arriver d'un peu partout. Preuve en en : ils occupent depuis le 31 décembre dernier un troisième endroit, après la ferme de la Normandelière et les locaux de l'Adapei 77, car la zone à défendre s'agrandit. Et les tensions avec. 

Des tensions entre certains habitants et les zadistes

Certains habitants sont de plus en plus tendus, notamment les voisins de l'ancien centre de colonie de vacances qui vient juste d'être occupé. "Je veux qu'ils dégagent !" s'énerve une habitante. Derrière elle, son mari, très agressif à notre égard, est visiblement ulcéré par l'installation des zadistes à quelques mètres de chez lui. "Je ne vous cache pas qu'une partie de la population commence à être exaspérée et envisage de mener des opérations elle-même", indique le maire, Christophe Chabot, qui a déjà obtenu du parquet des Sables-d'Olonne deux arrêtés d'expulsion pour les deux premiers lieux occupés.

"Beaucoup d'habitants nous soutiennent, viennent nous apporter des vivres, d'autres passent discuter avec nous, et parfois même, ceux qui sont pour la construction du port finissent par changer d'avis", tempère de son côté Dune*, l'un des premiers membres de la zone à défendre. D'après lui, les "troubles à l'ordre public" dont parle le maire n'existent pas. Mais il affirme être régulièrement victime de menaces de la part de certains habitants. "On a même essayé de m'écraser en voiture", témoigne celui qui ouvre volontiers les portes de la Zad aux curieux. Même si la plupart nous accueille avec le sourire, ce n'est pas le cas de tous. L'un d'eux croisé sur les lieux de la dernière occupation s'est montré menaçant et nous a forcé à partir, alors que ce terrain ne lui appartient pas. 

Pourquoi occuper ce centre de vacances ?

D'après Dune*, ce lieu pour accueillir les nouveaux opposants au projet n'a pas été choisi au hasard. Les bâtiments de l'ancienne colonie, qui regroupent aussi les bureaux de six associations, vont être démolis, "pour qu'on bétonne dessus, toujours dans l'optique du port de plaisance", assure-t-il. "Il y aura sûrement la future école de voile à cet endroit, alors c'est aussi une zone à défendre". Il assure que les bénévoles des associations peuvent venir quand ils le souhaitent dans leurs bureaux.

Le maire, lui, a une toute autre vision de leur occupation. "Ça dépasse leur opposition au port de plaisance, c'est un changement de société qu'ils demandent, ça n'a rien à voir", explique Christophe Chabot. "Si j'en crois ce qu'ils nous annoncent, ils ont envie de faire de ce site la plus grande Zad de France, parce que le lieu est sympa en plus, il faut savoir qu'il existe aujourd'hui un circuit touristique pour les zadistes ! Si vous allez sur les réseaux, vous voyez : "Ah bah tiens, viens à Brétignolles, c'est cool, y a la mer"" affirme l'élu. Il entend déposer dès lundi un référé pour demander leur expulsion du nouvel endroit occupé.

La guerre des communiqués de presse

Le maire Christophe Chabot et les opposants affrontent leurs points de vue à coups de communiqués interposés. "Cette nouvelle appropriation illicite (...) démontre une nouvelle fois la capacité des zadistes à commettre (...) des nuisances et des troubles à la tranquillité et à l'ordre publics", a écrit l'élu.

De son côté, l'association Demain Brétignolles a réagi au communiqué du maire, qui était d'après elle au courant de cette intrusion. "Monsieur le maire, pourtant autorité compétente qui exerce des pouvoirs de police de maintien de bon ordre, n’a pris aucune précaution de sécurisation des lieux", affirme-t-elle. Avant d'aller plus loin : "C’est une tactique pré-électorale assez facile pour dénigrer les opposants ce qui est son sport favori en ce moment. Faire peur à la population au lieu de la protéger n’est pas digne de sa fonction."

*La personne interrogée a souhaité modifier son nom

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