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Dossier : LE + INFO de France Bleu Bourgogne

Dijon : que deviennent les bâtiments squattés une fois leurs occupants délogés ?

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Par , France Bleu Bourgogne

Que deviennent les bâtiments squattés une fois les squatters expulsés et y avait-il urgence à expulser les migrants par exemple à Dijon ? Ce sont les questions que l’on se posent ce lundi dans notre rubrique "Le + Info".

Des migrants expulsés d'un squat à Dijon, le 11 juillet
Des migrants expulsés d'un squat à Dijon, le 11 juillet © Radio France - Philippe Renaud

On vous parle régulièrement sur l'antenne de France Bleu Bourgogne des squats de migrants, dans l'immense majorité des demandeurs d'asile

D'abord une ancienne boucherie

A Dijon le phénomène a débuté en 2011 et parmi les tout premiers bâtiments occupés figure une boucherie désaffectée du côté des anciens abattoirs boulevard de Chicago. 

L'Ecole des Greffes

Puis il y a eu l'épisode -très marquant- de l'Ecole des Greffes boulevard de la Marne, occupée de janvier à juillet 2012, par 225 personnes. Une centaine de policiers ont fini par les déloger."Il y avait une urgente nécessité à intervenir face aux risques encourus par ces personnes" expliquaient les autorités à l'époque en référence à l'insalubrité du bâtiment. 

Maître Dominique Clémang
Maître Dominique Clémang © Radio France - Anne Pinczon du Sel

Un bâtiment longtemps déserté

Mais qu'est devenu ce bâtiment justement ? Maître Dominique Clémang, avocate "emblématique" des migrants à Dijon. "Ce bâtiment a été laissé vide pendant plusieurs années après l'expulsion, il a été barricadé, les portes et fenêtres ont été murés. Je dirais qu'il est resté trois ou quatre ans comme cela. Ce lieu n'avait donc aucune utilité particulière, il a mis très longtemps avant d'être réhabilité".

Chemin des Petites Roches

Après l'Ecole des Greffes, direction une maison de maître désaffectée chemin des Petites Roches dans le quartier de l'Université entre l'été 2012 début octobre 2013. Le promoteur immobilier l'a depuis transformée en maison de retraite.

Une ancienne agence Pôle-Emploi

Les migrants vont ensuite investir une ancienne agence Pôle Emploi rue René-Coty d'où une centaine d'entre eux sera délogé en avril 2015. C'est la quatrième expulsion en 3 ans. 

Le squat de l'impasse Reggio en Zone Cap-Nord à Dijon
Le squat de l'impasse Reggio en Zone Cap-Nord à Dijon © Radio France - Arnaud Racapé

Ils élisent domicile dans un ex local des Restos du Coeur

Avec le collectif d'associations qui s'est monté pour les soutenir ils ouvrent un nouveau squat, dans un ex-local des Restos du Coeur impasse Reggio en zone Cap Nord. Ils y resteront d'avril 2015 à juillet 2016. 

Adam, un Tchadien devant le fameux squat XXL rue des Ateliers à la limite avec Chenôve
Adam, un Tchadien devant le fameux squat XXL rue des Ateliers à la limite avec Chenôve © Radio France - Thomas Nougaillon

Le squat XXL

Puis c'est l'emblématique "squat XXL" rue des Ateliers à Dijon à la limite avec Chenôve. 80 migrants vivront deux ans dans cet ancien hôtel-restaurant. Mais ils sont de nouveau mis dehors mi-juillet 2018. Entièrement réhabilité "le XXL" a été repris depuis un an par un restaurateur serbe. Dans son établissement il sert des pizzas, des grillades mais aussi des spécialités caucasiennes. Il a eu beaucoup de "courage" explique Moncef, qui y est employé comme pizzaïolo.

Monsieur Milan, restaurateur serbe, a repris l'ancien squat où il a remonté un restaurant et bientôt un hôtel
Monsieur Milan, restaurateur serbe, a repris l'ancien squat où il a remonté un restaurant et bientôt un hôtel © Radio France - Thomas Nougaillon

"Les apparences ne font pas à manger"

"Parce que pour s'installer là, assez loin du centre-ville, c'est un peu délicat de faire revivre cette affaire. De plus ça a été squatté, les gens se disent peut-être qu'un squat c'est sale. Mais bon il ne faut pas se fier aux apparences, ce ne sont pas les apparences qui font à manger" explique Moncef. "On fera tout pour que ça reparte" assène-t-il.

Le restaurateur espère rouvrir l'hôtel prochainement, l'établissement compte une quinzaine de chambre dans l'ancien squat
Le restaurateur espère rouvrir l'hôtel prochainement, l'établissement compte une quinzaine de chambre dans l'ancien squat © Radio France - Thomas Nougaillon

Dix jours à Stalingrad

Après le XXL, à l'été 2018, une centaine de migrants investissent un vieux bâtiment de l'armée avenue de Stalingrad, ils vont y passer 10 jours. Le collectif attaque l'Etat devant les tribunaux pour "expulsion illégale", le dossier est toujours à l'étude devant les tribunaux. 

Le bâtiment de l'avenue de Stalingrad appartient à l'armée, il logeait des militaires de l'ancienne base aérienne 102
Le bâtiment de l'avenue de Stalingrad appartient à l'armée, il logeait des militaires de l'ancienne base aérienne 102 © Radio France - Sophie Allemand

Dommage car c'était véritablement "l'endroit parfait" explique Paul Garrigues vice-président de la Ligue des Droits de l'Homme à Dijon eu égard au fait que la bâtisse contenait 16 véritables appartements ayant abrité des militaires de l'ancienne Base Aérienne 102.

Les locaux de l'ancienne CPAM de Chenôve étaient vides depuis plus d'un an au moment où le squat a été ouvert
Les locaux de l'ancienne CPAM de Chenôve étaient vides depuis plus d'un an au moment où le squat a été ouvert - DR

"Une expulsion est un échec pour tout le monde"

D'août 2018 à l'été 2019 un nouveau squat est ouvert à l'ancienne CPAM de Chenôve rue Henri-Bazin. Les locaux appartiennent à la SEM, la Société Est Métropoles dont le PDG est Thierry Coursin. La SEM possède également le dernier squat en date, celui du 11 rue Henri-Béquerel occupé depuis octobre 2019 jusqu'au 15 septembre dernier. Thierry Coursin explique en préambule que "une expulsion demeure un échec pour tout le monde".

Le nouveau squat se trouve rue Henri Becquerel, entre des immeubles d'habitations et les voies SNCF à Dijon
Le nouveau squat se trouve rue Henri Becquerel, entre des immeubles d'habitations et les voies SNCF à Dijon © Radio France - Sophie Allemand

"La fin de l'occupation permet à la société de recouvrer ses droits"

"Pour autant, la fin de l'occupation de l'immeuble Bécquerel est faite et permet à notre société de pouvoir recouvrer ses droits et de reprendre l'économie immobilière qui est la sienne. A _Chenôve_, nous avions perdu notre client et la crise du covid, bien indépendante de cette situation, nous retarde pour trouver une solution viable." Anciens bureaux de Dijon Céréales, un repreneur serait sur les rangs pour l'immeuble Béquerel dit encore Thierry Coursin.

Paul Garrigues de la Ligue des Droits de l'Homme
Paul Garrigues de la Ligue des Droits de l'Homme © Radio France - Thomas Nougaillon

"La grande majorité des bâtiments restent vides"

Membre du collectif de soutien, Nathanaël Dufour, connaît bien les dossiers immobiliers autour des migrants. Tous les bâtiments squattés ont-ils retrouvés des projets, des repreneurs ? "Eh bien non et c'est justement là le problème. La grande majorité reste vide après les expulsions. Exemple : le premier bâtiment occupés en 2011 a été rasé suite à l'expulsion et il n'y a rien à la place. Aucun projet également pour la CPAM expulsée il y a plus d'un an. _Pourquoi ces bâtiments ne pourraient-ils pas être utilisés en attendant ? Pourquoi faut-il que ces bâtiments restent vides alors que des personnes sont à la rue ?_"

Les demandeurs d'asile referont parler d'eux

Depuis leur dernière expulsion mi-septembre les migrants sont accueillis dans des Centres d'Accueil et d'Orientation (CAO) où ils ne pourront rester que quelques semaines. Leurs soutiens sont déjà à la recherche d'un nouveau bâtiment vide.

  • Retrouvez notre rubrique "Le + Info" dans nos journaux de 6h30 et 9 heures ce lundi 21 septembre dans la matinale tout infos de France Bleu Bourgogne (98.3 ou 103.7).
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