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Société

À l'hôpital de Saint-Lô, une biographe retrace la vie des personnes gravement malades

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu Cotentin

Julie Gaab fait partie des 10 biographes hospitalières qui exercent dans le monde. Au service des soins palliatifs de l'hôpital Memorial de Saint Lô, elle écoute et retranscrit la vie des personnes gravement malades. Le livre peut ensuite être transmis aux proches.

Julie Gaab, 36 ans, écoute les récits de vie de patients en soins palliatifs pour les retranscrire dans un livre.
Julie Gaab, 36 ans, écoute les récits de vie de patients en soins palliatifs pour les retranscrire dans un livre. © Radio France - Léa Guedj

Saint-Lô, France

Julie Gaab est arrivée en décembre dernier, suscitant "l'étonnement" des médecins, plus habitués à une relation "technique", "par un médicament, une chirurgie", admet le docteur Mayard, médecin référent de l'équipe mobile de soins palliatifs de l'hôpital de Saint Lô. Il faut dire que le métier de biographe hospitalière n'est pas commun. Ils ne sont que 10 à l'exercer, tous en France, dont 4 dans la Manche. Un diplôme universitaire pourrait bientôt voir le jour.

L'écriture biographique peut contribuer à donner une dignité à la personne

Lors de son tout premier entretien avec un patient, Julie Gaab se souvient d'avoir été "un peu gauche, parce que peur de mal faire, car on entre dans la vie des gens, _on devient le confident de ce qu'ils veulent livrer_, quelque-chose de précieux dont il faut être digne". Mais progressivement, elle parvient à établir une relation de "confiance" avec les patients qu'elle suit actuellement gratuitement.

Chaque entretien dure environ une heure. Julie Gaab écoute "sans jugement moral", restituant "de manière brute ce que la personne raconte  de sa vie". "Je laisse dérouler le fil des pensées, des souvenirs... et j'oriente en questionnant pour réussir à rassembler une personne, pour faire un tout cohérent", explique-t-elle. En effet, "le fait d'être malade peut fragiliser, morceler un individu (...), alors l'écriture biographique peut aider à se restituer (...), contribuer à donner une dignité à la personne", espère Julie Gaab.

Se raconter en tant que personne plutôt que malade

Au cours de ces temps d'échange, les patients "se racontent en tant que personnes et pas seulement en tant que malades", constate le docteur Mayard. "Ça leur fait du bien, ça les apaise", confirme la biographe qui y voit aussi une forme d'"évasion" dans un moment qui peut être marqué par "la souffrance physique et psychologique".

Tout est noté "en direct" dans un cahier que Julie Gaab conserve précieusement dans sa mallette. Puis, à la demande du patient, les récits peuvent être transmis à des proches, "souvent impatients de les lire". Ce que la biographe "gribouille" dans ces cahiers est "confidentiel", mais "dans les grandes lignes, ce sont des vies uniques", mais aussi "un regard particulier sur la grande histoire, puisque le XXème siècle a été chargé en grands événements", analyse-t-elle. "En moyenne, on est à environ 50 à 100 pages pour une vie... Enfin, ce qu'on veut bien en dire", conclut-elle.