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Faits divers – Justice

A la prison de Villepinte, un atelier photo pour "s'évader"

jeudi 26 avril 2018 à 9:07 Par Rémi Brancato, France Bleu Paris

Chaque année, 20 à 25 projets culturels sont proposés aux détenus de la maison d'arrêt de Villepinte. Ce mercredi, France Bleu Paris a pu assister au dernier atelier photographie et collage. Pendant un mois, une dizaine de détenus ont travaillé sur le thème de l'autoportrait, avec deux artistes.

Les réalisations des détenus ont été exposées ce mercredi dans la bibliothèque de la maison d'arrêt
Les réalisations des détenus ont été exposées ce mercredi dans la bibliothèque de la maison d'arrêt © Radio France - Rémi Brancato

Villepinte, France

Un atelier d'art plastique derrière les murs de la maison d'arrêt de Villepinte, en Seine-Saint-Denis. Depuis début avril, l'association "Mémoire de l'avenir" intervient dans l'établissement pénitentiaire pour proposer un travail sur l'autoportrait et le collage, à un groupe de neuf détenus. Une photographe, Myriam Tirler, et un artiste plasticien, Thierry Grapotte, ont animé durant sept séances ce travail sur "l'image de soi". Mercredi après-midi, lors du dernier atelier, ils organisaient une petite exposition du résultat dans la bibliothèque de la maison d'arrêt.

Des collages photos qui évoquent une "envie de liberté"

"Vous avez super bien travaillé, bravo!" se réjouit Thierry Grapotte, devant les détenus, et leurs voisins de cellules venus voir leur travail. Les deux artistes les invitent à le présenter. "Ça parle de mon envie de liberté, je lève un peu les poings et de ma bouche ouverte, jaillit une cascade d'eau" décrit celui-ci. "L'art m'a permis de faire ressortir ces émotions-là" ajoute-t-il.

ECOUTER - "Cela me permet de m'exprimer et de me libérer, un peu" dit ce détenu

Tous se sont mutuellement pris en photo avant de travailler leur propre portrait, de le découper, de le coller, dans un mélange aux images de magazines, apportées de l'extérieur par les deux artistes. Le résultat est surprenant : ici un détenu à la tête de lion, là un autre a collé son visage sur le corps d'un enfant. "C'est l'envie que ça sorte" qui transparaît, estime Thierry Grapotte, "l'idée de s'échapper de quelque chose, d'échapper à un environnement".

ECOUTER - Le reportage lors de ce dernier atelier à la maison d'arrêt de Villepinte

Un espace de liberté

"Ici j'ai beaucoup de temps pour réfléchir et pour tirer des choses positives de ma situation" explique cet autre détenu : "c'est pour ça que j'ai rejoint cet atelier". Il ajoute :"je remercie les gens qui m'ont permis de venir travailler avec eux, j'en suis très reconnaissant". Myriam Tirler la photographe, reconnait qu'avec certains, un lien s'est tissé durant ces six séances de travail : "il m'a dit qu'il voulait me remercier car on apportait beaucoup de liberté par notre présence ici : ça m'a fait des frissons!"

Lors du dernier atelier, à la maison d'arrêt de Villepinte - Radio France
Lors du dernier atelier, à la maison d'arrêt de Villepinte © Radio France - Rémi Brancato

"Cela permet de sortir de la cellule de s'évader" dit un autre. "Au début c'était pour sortir de la cellule et après on rencontre les intervenants extérieurs et après, quand on s'y investit, on prend goût" ajoute son camarade.

"Faire fonctionner l'imaginaire" pour lutter contre l'ennui

"Il y a un ennui profond en détention, sachant que les conditions en ce moment sont aussi assez difficiles, avec une surpopulation et un sous-effectif de personnels donc les deux ensemble font un climat assez tendu" explique Lisa Pedel, la coordinatrice culturelle du service pénitentiaire d'insertion et de probation, en charge de ces ateliers à la maison d'arrêt de Villepinte. Chaque année, elle organise 20 à 25 activités culturelles ou de loisirs (danse, cinéma, théâtre ou encore cirque) : "forcément il y a une demande d'être en dehors de sa cellule et de faire fonctionner son imaginaire".

Une exposition dans une galerie parisienne fin juin

Cet atelier a du gérer une difficulté particulière : l'image. En détention, l'utilisation de l'image des détenus est très réglementée. "C'est problématique parce qu'il y a des permis qu'il faut demander aux juges, aux magistrats, on a essayé de créer quelque chose qui permet cette mise en place" détaille Margherita Poli, responsable des activités pédagogiques de l'association "Mémoire de l'avenir", dont c'est le deuxième projet monté à la maison d'arrêt de Villepinte. L'association prévoit d'exposer le travail des détenus dans sa galerie de Belleville, à Paris, du 21 juin au 2 juillet, si les juges l'autorisent.