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Faits divers - Justice

À La Roche-sur-Yon, le cri du cœur d'une aide à domicile pour plus de considération

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Par , France Bleu Loire Océan

Au SMIC depuis 28 ans, Elisabeth Boutet a du mal à finir le mois, et pourtant, elle n'échangerait sa place pour rien au monde. Elle se mobilise aujourd'hui pour que son métier qui permet le maintien des aînés à domicile soit mieux considéré.

Robert près de Babeth, son aide à domicile, qu'il a même en photo sur sa cheminée, à La Roche-sur-Yon.
Robert près de Babeth, son aide à domicile, qu'il a même en photo sur sa cheminée, à La Roche-sur-Yon. © Radio France - Victoria Koussa

La Roche-sur-Yon, France

"On fait un métier humain, mais on n'est pas humain avec nous". Quand Elisabeth Boutet parle de son métier et de toutes les personnes âgées à qui elle rend visite chaque jour à La Roche-sur-Yon (Vendée), elle a du mal à retenir ses larmes. Elle se sent à sa place, adore son travail, mais aimerait simplement pouvoir vivre normalement à la fin du mois, elle qui ne touche que le SMIC après 28 ans de carrière. Sans parler des frais kilométriques qui ne sont que très peu remboursés. C'est d'ailleurs le sujet d'un rapport publié à la fin du mois d'octobre visant à mieux rémunérer les métiers du grand âge, sachant que 2 aides domiciles sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté aujourd'hui, d'après la DREES (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques des ministères sociaux). 

Ange-gardien au quotidien

Ménage, repassage, toilette ou simple visite pour bavarder, Babeth, qui vient parfois trois fois par jour, est, d'après Robert, un soutien indispensable. "C'est grâce à elle que je vis chez moi", salue ce veuf qui évoque avec émotions les souvenirs de sa femme décédée qui sont dans sa maison. 

"Elle est toujours là pour moi, quand j'ai besoin d'une nouvelle coupe, je lui en parle, et hop, la coiffeuse arrive à la maison... On se balade aussi, on bavarde", explique-t-il, sous l'oeil bienveillant de son ange gardien. 

Plus de reconnaissance

La reconnaissance de Robert, Elisabeth aimerait l'avoir du gouvernement. Une meilleure considération qui passe d'abord par la reconnaissance de l'importance du métier d'aide à domicile, dans un pays où 5 millions de Français auront plus de 85 ans en 2050, mais aussi par une revalorisation des salaires bloqués au SMIC, et une meilleure indemnisation des frais kilométriques. 

"Eux aussi, les gens du gouvernement, vont vieillir, et auront besoin d'aide à domicile" - Elisabeth Boutet

Car les aides à domicile font tout avec : ils se déplacent de maison en maison, font les courses des personnes âgées, les transportent au supermarché, parfois avec le fauteuil roulant sur la banquette arrière... "J'ai des jeunes collègues qui ne roulent pas avec leur voiture le week-end pour faire des économies", raconte Babeth, la gorge serrée. "Moi, j'ai jamais pu emmener ma fille à la neige alors que c'est son rêve", ajoute-t-elle. 

Marche dans le centre de La Roche-sur-Yon début novembre, témoignage dans la presse, rencontre avec les élus locaux... Ce qui fait tenir Elisabeth aujourd'hui, qui se mobilise surtout pour l'avenir de ses plus jeunes collègues et du métier qu'elle affectionne tant, c'est la poursuite du combat pour "sortir du placard", comme elle dit. Dernier projet en date : la création d'une association vendéenne pour regrouper tous les acteurs d'aide à domicile. 

ÉCOUTEZ - Elisabeth se rend chaque jour chez Robert pour veiller sur lui, à La Roche-sur-Yon.

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