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À Lille, un centre unique en France ouvre pour loger les auteurs de violences conjugales et les accompagner

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Par , France Bleu Nord, France Bleu

C'est le premier centre de ce genre à ouvrir en France : à Lille, une structure inaugurée ce lundi 21 mars permet d'éloigner les conjoints violents de leurs victimes et du domicile conjugal en les relogeant, tout en assurant sur place un suivi psychologique et social pour éviter les récidives.

Les personnes accusées de violences conjugales sont accueillies pour au moins 6 semaines.
Les personnes accusées de violences conjugales sont accueillies pour au moins 6 semaines. © Radio France - Alice Marot

C'est un dispositif inédit en France : un centre d'hébergement des conjoints violents a été inauguré à Lille, ce lundi 21 mars. Le but, c'est d'éviter de demander aux victimes de violences conjugales de quitter leur domicile si la justice décide de l'éloignement du conjoint, ce qui peut être vécu comme une contrainte et une violence supplémentaire. Une équipe de 8 personnes avec 2 psychologues, 3 travailleurs sociaux, et 3 contrôleurs judiciaires y assure un suivi psychologique, judiciaire, et un accompagnement social, pour aider les conjoints accusés de violences conjugales à prendre du recul sur leurs actes et préparer leur futur, pendant au moins 6 semaines.

Ce Centre d'Accompagnement et de Prévention (CAP) ne concerne pas les auteurs de violences condamnés, mais les personnes sous contrôle judiciaire dans l'attente de leur jugement. Actif depuis novembre dernier, il compte 10 logements, et a déjà accueilli 25 personnes.

ECOUTEZ - Les explications de Carole Etienne, procureur de la République de Lille

Suivis et logés dans un seul lieu

Ces conjoints accusés de violences pourraient bénéficier de nuitées d'hôtel d'urgence, mais ce qui fait la spécificité de ce centre, c'est qu'ils sont à la fois logés et accompagnés. Il y a trois mois, Christian a été placé sous contrôle judiciaire pour des violences sur sa femme. En attendant son jugement, il n'a plus le droit de l'approcher. Il a donc quitté son logement : "J'étais à la rue, et j'étais complètement perdu", raconte-il. Grâce à une assistante sociale, il intègre le centre, où il a une chambre, ainsi qu'une grande pièce à vivre et une cuisine qui peuvent être partagées avec d'autres personnes accusées de violences conjugales.

La cuisine fait partie des lieux partagés.
La cuisine fait partie des lieux partagés. © Radio France - Alice Marot

Il se rend toutes les semaines à des ateliers pour lutter contre ses problèmes de dépendance, et à des rendez-vous chez le psychiatre. "C'est un garde-fou, reconnaît-il. Je me dis que je ne peux pas faire n'importe quoi, puisque j'ai mes rendez-vous, je suis encadré." Les contrôleurs judiciaires font aussi régulièrement des points avec lui sur l'avancée de son parcours. Ils feront ensuite un rapport, qui sera transmis au tribunal avant son jugement, dans deux mois.

C'est un garde-fou, reconnaît Christian. Je me dis que je ne peux pas faire n'importe quoi, puisque j'ai mes rendez-vous, je suis encadré.

En cas de doutes ou de besoins, il suffit de monter une volée de marches : à l'étage de la résidence, il y a les locaux du CAP et leur équipe. "Ça change tout, témoigne Christian. Quand on doit se rendre à des rendez-vous à l'autre bout de la ville, avec des personnes qu'on ne connaît pas, ça peut décourager."

Éviter les récidives

Et nombreuses sont les personnes logées qui passent au CAP sans rendez-vous ni obligation, simplement pour discuter ou avoir un conseil. "On crée de vrais liens de confiance", insiste Baptiste Catrix, conseiller d'insertion professionnelle du Service de Contrôle Judiciaire et d'Enquêtes (SCJE). Lui s'occupe d'aider les conjoints accusés de violences à envisager leur avenir, qu'il y ait ou pas une condamnation. "Ma première question, c'est toujours : c'est quoi votre plan ? Comment est-ce que vous voyez votre vie ? Qu'ils me répondent partir en vacances, me remettre en couple, ou trouver du travail, peu importe. L'important, c'est que la démarche parte d'eux", explique-t-il. 

À partir de là, les équipes travaillent avec eux sur les représentations de couple notamment ou les freins à l'insertion professionnelle. "C'est clair qu'avec personne qui reprend confiance en elle, qui est déconstruite et qui a réfléchit à ses actes, on a beaucoup moins de récidive", conclut Baptiste Catrix.

C'est clair qu'avec personne qui reprend confiance en elle, qui est déconstruite et qui a réfléchit à ses actes, on a beaucoup moins de récidive

Mais ce système est aussi un moyen de mieux détecter les violences conjugales : "Beaucoup de victimes nous disent qu'elles ne veulent pas envoyer leur conjoint en prison, qu'elles veulent qu'ils soient soignés. Si elles savent que la seule réponse n'est pas forcément l'emprisonnement, elles peuvent aller plus facilement porter plainte", explique Carole Étienne, procureur de de la République de Lille.

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