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Faits divers – Justice

Un prêtre des Pyrénées-Orientales condamné à 15 ans de prison pour viol et agressions sexuelles sur mineurs

vendredi 1 mars 2019 à 18:32 Par François David, France Bleu Roussillon et France Bleu

A l’issue d’une semaine de procès à huis clos devant la cour d’assises des Pyrénées-Orientales, le père Jean-Marie Savioz a été condamné pour avoir abusé de trois adolescents dans son presbytère de Canet-en-Roussillon.

Palais de justice de Perpignan
Palais de justice de Perpignan © Maxppp - MICHEL CLEMENTZ

Perpignan, France

À 50 ans, le père Jean-Marie Savioz va donc changer de cellule… Après avoir attendu son procès pendant dix ans, reclus dans un monastère cistercien de Haute-Garonne, l’ancien curé de Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) est condamné ce vendredi soir à 15 ans de prison par la cour d’assises des Pyrénées-Orientales. Le père Jean-Marie Savioz est reconnu coupable d’un viol et d’agressions sexuelles sur trois adolescents de 15 à 17 ans, entre 2006 et 2009. L’avocat général avait réclamé "10 à 12 ans de réclusion criminelle"

L'avocat de l'accusé a immédiatement fait savoir qu'un appel serait déposé dès lundi matin. Maître Philippe Capcié estime que le verdict a été influencé par l'actualité de ces dernières semaines, et l'accumulation d'affaires qui éclaboussent l'Eglise.

Un curé bientôt défroqué

Depuis la révélation des faits en 2009, le prêtre était déjà relevé de toutes ses charges. Mais l’Eglise souhaite désormais aller plus loin et « chasser de ses rangs cette brebis galeuse », selon Maître Jean Villacèque, l’avocat de l’association diocésaine des Pyrénées-Orientales. 

Un procès canonique doit rapidement s’ouvrir au Vatican pour rendre Jean-Marie Savioz à l’état laïc. "C’est la volonté du Pape et de Monseigneur Turini, l’évêque de Perpignan"

L’Église demande pardon

Glacial et antipathique tout au long de l’audience, le père Jean-Marie Savioz a reconnu une partie des faits - masturbations et fellations -  tout en niant le viol. Le prêtre n’a exprimé aucune compassion pour les victimes et a attendu le dernier jour de son procès pour s'excuser maladroitement. 

A l’inverse, plusieurs prêtres cités comme témoins ont demandé pardon aux parties civiles "pour n’avoir rien vu". Les larmes aux yeux, les deux vicaires qui assistaient le père Savioz dans sa paroisse ont reconnu avoir été "enfumés" par ce prêtre charismatique dont ils admiraient l’érudition et la prestance, sans jamais se douter de ses sombres agissements. 

Une communauté catholique en état de choc

Dans un communiqué publié lundi, l’évêque de Perpignan Monseigneur Norbert Turini a appelé à prier pour les victimes. "Nous devons entendre leur colère, leur perte de confiance en l’Église et en ses représentants. C’est toute la communauté catholique qui se sent trompée et trahie dans cette affaire." 

En 2009, l’interpellation du prêtre, suite à la plainte d’un adolescent, avait provoqué une onde de choc dans les Pyrénées-Orientales. À cette date, Jean-Marie Savioz était un prêtre renommé, réputé pour ses prêches, et très investi auprès de la jeunesse en tant qu'aumônier des scouts d’Europe et du collège privé Jeanne-d’Arc de Perpignan. 

"Ce n’est pas le procès d’un prêtre pédophile. C’est le procès d’un homme."

Dans sa plaidoirie ce vendredi après-midi, l’avocat de la défense Maître Philippe Capsié avait appelé la Cour à ne pas se laisser polluer par l’actualité des dernières semaines et les nombreuses affaires qui secouent l’Eglise catholique. "Ce n’est pas le procès de l’Eglise. Ce n’est pas le procès d’un prêtre pédophile. C’est le procès d’un homme qui est passé à l’acte dans des conditions très particulières."

Selon son avocat, le père Savioz se serait laissé "déborder" dans son presbytère, dont les portes restaient toujours ouvertes pour les scouts et les jeunes du catéchisme. Très permissif, il autorisait l’alcool et les blagues potaches. 

Selon certains experts psychologues entendus par la Cour, le prêtre aurait vécu "une sorte d’adolescence à retardement", après avoir vécu toute sa jeunesse, dès l’âge de 11 ans, dans l’univers feutré des internats religieux. "A un moment, il a oublié qu’il était l’adulte, explique son avocat, et cette affaire pose une nouvelle fois la question de la formation des prêtres, de leur solitude, et de leur vœu de chasteté".