Faits divers – Justice

À Perpignan, une mère jugée pour une claque sur son enfant

Par François David, France Bleu Roussillon et France Bleu dimanche 24 septembre 2017 à 18:00

Palais de justice de Perpignan
Palais de justice de Perpignan © Radio France - FD

Pour avoir donné une gifle à son enfant, une femme de 32 ans a été placée en garde à vue puis convoquée devant le tribunal de Perpignan. Elle est finalement relaxée.

Cette mère de famille de 32 ans va désormais y réfléchir à deux fois avant de lever la main sur ses enfants. Pour avoir giflé l’un de ses fils de 2 ans et demi, le 25 juin dernier, elle s’est retrouvée en garde à vue, puis à la barre du tribunal correctionnel de Perpignan pour « violences sur mineur ».

« C’est le geste d'une maman à bout de nerfs » plaide son avocate. À la barre, la prévenue raconte les 48 heures qu’elle a passé sans dormir, à s'occuper de son fils hospitalisé pour une gastro-entérite carabinée. Diarrhées, vomissements : « vingt fois par jour, il faut lui changer ses habits et ses draps. Et l'enfant refuse obstinément de prendre ses médicaments ». Alors, d'un coup, la gifle part.

Une infirmière, qui a vu le geste par le hublot de la porte, donne l'alerte. Elle parle d’un coup « violent, projetant en arrière la tête de l’enfant ». Quatre infirmières déboulent dans la chambre, pour examiner le garçonnet. La mère tente maladroitement de se justifier : « Vous voyez bien que je ne l’ai pas tué ! Je fais ce que je veux, c’est mon enfant. »

Puis débarquent un psychiatre, un médecin légiste, une assistante sociale. Et surtout les policiers de la BAC, qui interpellent la mère et la placent en garde à vue.

Trois mois plus tard, la voilà convoquée devant le tribunal correctionnel de Perpignan, où le procureur réclame contre elle « 6 mois de prison avec sursis ».

L’avocate de la prévenue s'emporte : « On ne peut pas assimiler une simple gifle à de la maltraitance. Sinon, il faudrait juger la moitié des parents du département ». Et elle fournit plusieurs certificats médicaux, dont un du généraliste qui suit l’enfant. « En 20 consultations, il n’a jamais relevé la moindre trace de violence ».

La mère est finalement relaxée.