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Faits divers – Justice

A Saint-Nicolas-de-Bourgueil, un viticulteur refuse de détruire 2000 bouteilles à la demande de l'Etat

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Par , France Bleu Touraine, France Bleu

Sébastien David, vigneron à Saint-Nicolas-de-Bourgueil, attaque l'arrêté préfectoral qui lui demande de détruire un stock de 2078 bouteilles parce que le niveau d'acidité volatile n'est pas conforme. Une pétition en faveur de Sébastien David a déjà recueilli 100 000 signatures vendredi matin.

Une bouteille de la cuvée Coëf ciblée par la préfecture d'Indre-et-Loire comme non conforme au niveau d'acidité autorisé
Une bouteille de la cuvée Coëf ciblée par la préfecture d'Indre-et-Loire comme non conforme au niveau d'acidité autorisé © Radio France - Denis Guey

Indre-et-Loire, France

L'affaire passe ce vendredi 10 mai devant le tribunal administratif d'Orléans. Sébastien David, un viticulteur bio de Saint-Nicolas-de- Bourgueil, est sommé par la préfète d'Indre-et-Loire de détruire 2078 bouteilles de vin qui ne respectent pas les normes européennes d'acidité volatile. Le viticulteur conteste les analyses faites par l'Etat, il présente devant le tribunal trois contre-expertises. En sa faveur, une pétition circule sur internet : vendredi 10 mai au matin, elle avait déjà été signée par 100 000 internautes. Cette affaire, ce n'est pas qu'une question de respect des normes, c'est aussi la remise en cause d'une forme de vinification des vins naturels. 

Sébastien David est un viticulteur bio amoureux de la tradition. Il vinifie une cuvée baptisée "Coëf" dans des amphores et des jars qu'il fait venir d'Italie. Une méthode ancestrale à laquelle l'administration trouve des défauts. Les analyses réalisées par la direction générale de la concurrence, consommation, et répression des fraudes (DGCCRF) montrent que ce vin dépasse les normes européennes d'acidité volatile, ce que conteste l'avocat du vigneron maître Eric Morain.

Sébastien David a fait pas moins de trois contre-analyses par un laboratoire certifié COFRAC, celles-ci démontrent que le taux d'acidité volatile de ses vins est en dessous du seuil légal ce qui va à l'encontre des analyses de la DGCCRF. On en est à un problème de "virgule" c'est-à-dire que pour la DGCCRF le taux d'acidité est de 21,8 milliéquivalent par litre au lieu des 20 autorisés alors que les analyses faites par Sébastien David sont de 19,3 milliéquivalent par litre -Eric Morain, l'avocat du vigneron

Le vigneron et son avocat contestent donc le niveau des mesures effectuées par l'Etat. Mais la DGCCRF et la préfète d'Indre-et-Loire ne veulent pas prendre en compte d'autres mesures. La préfète a donc pris un arrêté de destruction des 2078 bouteilles de la cuvée "Coëf" ce qui sera une perte irrépressible pour Sébastien David si l'arrêté de la préfète n'est pas suspendu.

Moi c'est trois années de gel sur 4 déjà dans mes vignes. On ne récolte que 25% et en plus on vous met un coup derrière la tête, un coup de règle sur les doigts, à l'ancienne, juste pour dire qu'il faut rentrer dans le cadre. Si je détruis mes 2078 bouteilles, je perds 50 000 euros, c'est énorme, je mets en danger mon exploitation et tout le personnel -Sébastien David

100 000 vignerons, négociants, restaurateurs et consommateurs ont signé la pétition qui circule sur internet pour défendre le vin et les méthodes de vinification de Sébastien David. Ce vendredi 10 mai,  le tribunal administratif d'Orléans se prononcera sur un référé suspension demandé par l'avocat du vigneron c'est-à-dire qu'il demande la suspension de l'arrêté préfectoral dans l'attente d'une décision sur le fond de l'affaire.