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À Saint-Ouen, des dealers dénoncent les méthodes controversées des policiers de la CSI 93

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Paris, France Bleu
Saint-Ouen, France

Une quinzaine d'enquêtes préliminaires ont été ouvertes concernant des policiers de la CSI de Seine-Saint-Denis. Ces révélations ne surprennent pas les dealers qui sont confrontés tous les jours à ces policiers. La compagnie va être en partie dissoute selon des informations de franceinfo.

Photo d'illustration IGPN
Photo d'illustration IGPN © Maxppp - Maxppp

Le scandale des"ripoux" prend de l'ampleur en Seine-Saint-Denis. Alors que six policiers de la Compagnie de Sécurisation et d'Intervention (CSI) du 93, ont été placés en garde à vue à l'IGPN (Inspection générale de la police nationale) pour "détention et transport de stupéfiants" et "vol", on apprend, ce mardi 30 juin, que 17 enquêtes préliminaires visent également des policiers de la même compagnie. Selon des sources policières, elle va être partiellement dissoute. 

"C'est notre quotidien"

Il s'agit d'enquêtes pour violences, vols, falsifications de PV ou encore trafic de stupéfiants. Certains fonctionnaires sont soupçonnés d'avoir racketté des dealers pour leur soutirer de leur argent et de la drogue. À Saint-Ouen, dans certaines cités connues pour être des points de deal, ces révélations ne surprennent pas vraiment. Un jeune guetteur, en bas de la cité Zola raconte : "Ce sont des choses qu'on vit au quotidien, la police nous rackette". Il se souvient ce jour où il est interpellé en possession de drogue. "Une fois arrivé au commissariat, tout n'a pas été déclaré, ça veut dire qu'ils en gardent une partie et ne déclarent que la moitié ou le quart".

Tensions permanentes

Il y a aussi les méthodes parfois violentes pointées du doigt, comme ce jour où Mamadou* est embarqué par des policiers de la CSI. "Dans le camion, j'étais menotté, ils m'ont mis contre la vitre, ils m'ont mis des patates, ils m'ont serré les couilles fort, fort, fort, ils m'ont dit 'tu verras on va faire quoi aux fils de pute de noire comme toi'". D'après son récit, les policiers ont ensuite fait un grand détour au lieu d'aller directement au commissariat et pendant le trajet, le jeune homme a été violenté.

Dans le quartier Moutier, de nouveaux témoignages, toujours sous couvert d'anonymat, par peur de "représailles" de la part des policiers. Thomas* nous raconte que des policiers "emmènent les jeunes là où il n'y a pas de caméra, ils les mettent dans leur camion pour les dépouiller et après il les jettent sur les quais de Seine". Dans la cité Emile Cordon, d'autres confirment : "parfois on retrouve des jeunes en caleçon sur les quais de Seine"

Fausses interpellations

Certains policiers sont aussi accusés de procéder à de "fausses interpellations". Le guetteur de Zola raconte cet autre épisode qu'il a vécu : "Un jour, un policier a sorti deux sachets d'herbe de sa boîte à gants et il me les a montrés en me disant 'regarde ce que j'ai trouvé sur toi' pour que je sache qu'il pouvait m'embarquer à tout moment". Des faits semblables sont relatés par Jonathan, contacté par nos confrères de France Inter. Ce commerçant de Saint-Ouen est à l'origine d'une plainte déposée contre les policiers en garde à vue actuellement.

Un policier régulièrement mis en cause

Dans les témoignages recueillis, dans deux cités différentes, le même policier est régulièrement mis en cause : "le cancéreux", c'est son surnom. Grand, chauve, barraqué, "il a comme un trou dans la gorge et une voix bizarre", explique Mamadou. Son camarade confirme : "Le cancéreux, il est connu dans toutes les cités du 93, il en a fait des boucheries, il est connu pour avoir cassé les bras des choufs (les guetteurs)". "Il ramasse des enveloppes", se contente de dire un jeune du Moutier. 

D'après nos informations, ce fonctionnaire ferait partie d'un des six gardés à vue. Malgré leurs témoignages concordants, aucun de ces jeunes n'a pensé porter plainte. "Ce sont des policiers, on ne peut pas !". "Il y en a qui ont parlé et qui ont été roués de coups après", explique un guetteur. 

L'annonce des garde-à-vue et de l'opération "mains propres" lancée au sein de la CSI 93 ne les rassure pas. "Il a y eu des morts causées par des violences policières, ça n'a rien changé, ce n'est pas pour du racket que ça va changer", déplore Mamadou. Samira, elle espère des sanctions sévères si les faits sont avérés. Cette mère de famille, qui vit près de la cité Émile Cordon, est "révoltée" : "parce que les policiers sont censés être honnêtes ! Ça sert à quoi de faire des descentes après s'ils mettent tout dans la poche ? 

La fin de la CSI 93 ?

L'ouverture de ces enquêtes préliminaires semble en tout cas porter un coup à la CSI 93. D'après nos confrères de franceinfo, qui citent plusieurs sources policières, la compagnie fera l'objet d'une dissolution partielle. Les fonctionnaires de police non concernés par cette dissolution seront rattachés à la CSI 75, son équivalent à Paris. Tous les officiers cadres de la CSI 93 devraient être prochainement mutés. 

Contacté par franceinfo, le cabinet du préfet de police de Paris ne confirme pas l'information. Les syndicats de police, contactés par France Bleu Paris, ce mardi, n'étaient pas joignables. 

À Saint-Ouen, des dealers dénoncent les méthodes controversées des policiers de la CSI 93

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