Faits divers – Justice

A Sequedin, un cuisiniste sous le feu des critiques

Par Antoine Sabbagh, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu Nord jeudi 5 octobre 2017 à 6:00

Le magasin Arthur Bonnet de Sequedin, situé tout près du centre commercial d'Englos
Le magasin Arthur Bonnet de Sequedin, situé tout près du centre commercial d'Englos - Antoine Sabbagh

Une quinzaine de clients du magasin de cuisines Arthur Bonnet de Sequedin clament leur mécontentement. Cuisines livrées avec du retard, acomptes encaissés mais cuisine pas encore livrée... Le gérant se défend, conscient de sa mauvaise réputation après une affaire qui le met en cause en Normandie.

Mai 2016, Gregory Dubart commande une cuisine à 12 500 euros chez Arthur Bonnet à Sequedin, près du centre commercial d'Englos, dans la périphérie lilloise. Il verse 3 750 euros d'acompte mais aujourd'hui affirme-t-il sa cuisine n'a jamais été livrée dans sa nouvelle maison. "Ca fait mal, j'avais pris un crédit pour cette maison. J'ai un enfant en bas âge et toujours pas de cuisines. Les délais de livraison ont été sans cesse repoussés" nous explique-t-il. Le gérant du magasin Arthur Bonnet lui renvoie la responsabilité de ce retard, selon lui Grégory Dubart n'a pas pris rendez-vous pour prendre les mesures de la cuisine.

Témoignage de Grégory Dubart : "Plusieurs semaines que j'attends ma cuisine"

Au-delà de ce cas une quinzaine de clients seraient en litige avec le magasin, principalement pour des retards de livraison. Retards que reconnait le gérant pour certains cas et qu'il met sur le compte d'un changement de logiciel informatique en avril dernier. "Mais toutes les cuisines sont commandées et les délais seront respectés" promet Eric Fauquembert le gérant. Un nom qui rappelle de très mauvais souvenir à des centaines de Normands. Car quand Eric Fauquembert exerçait en Normandie, il est accusé d'avoir encaissé les acomptes de 360 clients de ses magasins Schmidt et Cuisinella et de n'avoir jamais lui-même livré les cuisines. L'enquête est toujours en cours. "C'est parce que j'ai souhaité quitter ces enseignes qu'elles ont arrêté de me fournir en cuisine" se défend Eric Fauquembert.

Mais certains clients nordistes mécontents ont fait le rapprochement et craignent d'être victimes de la même mésaventure. Une angoisse renforcé par le témoignage de Dimitri Gustave, qui a travaillé plusieurs mois en 2017 dans le magasin de Sequedin. "J'ai tiré la sonnette d'alarme fin août, Eric Fauquembert m'a dit qu'il n'y avait plus d'argent car les fournisseurs avaient été payés. Hors quand je les appelle ils me disent le contraire" explique Dimitri Gustave, qui est en conflit ouvert avec Eric Fauquembert. Entre eux deux c'est parole contre parole.

Reportage d'Antoine Sabbagh

Contactée la direction d'Arthur Bonnet explique avoir convoqué Eric Fauquembert en septembre pour s'expliquer sur les litiges et lui demander de les régler. Arthur Bonnet dit avoir été payé par Eric Fauquembert, malgré quelques "décalages" et conseille aux clients mécontents de contacter le service clients de la marque.