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Faits divers – Justice

A Toulouse, cinq familles bulgares régnaient sur un réseau de mendiants traités comme des esclaves

vendredi 8 juin 2018 à 20:52 Par Nolwenn Quioc, France Bleu Occitanie et France Bleu

Après l'arrestation mardi 5 juin de onze personnes soupçonnées d'avoir fait régner la terreur sur des mendiants bulgares, la police toulousaine fait le point sur ce réseau très organisé, qui traitait ses victimes comme des esclaves.

Parmi les ressortissants bulgares pris en charge par les services sociaux il y avait un enfant de 7 ans (Illustration)
Parmi les ressortissants bulgares pris en charge par les services sociaux il y avait un enfant de 7 ans (Illustration) © Maxppp - Alexis Christiaen

Toulouse, France

Un réseau mafieux : voilà comment la police toulousaine décrit le réseau démantelé en début de semaine dans un camp de fortune, Chemin de Gabardie, à Toulouse. Onze personnes, des hommes et des femmes bulgares, âgées de 20 à 60 ans ont été interpellées, mises en examen et écrouées pour traite d'êtres humains en bande organisée, blanchiment aggravé et exploitation de la mendicité en bande organisée. 

Une organisation bien rodée pour récolter le maximum d'argent

D'après les premiers éléments, les suspects faisaient miroiter monts et merveilles à des compatriotes, en Bulgarie, leur promettant une vie meilleure en France, grâce à l'argent récolté en faisant la manche. Une fois arrivés à Toulouse, leurs passeports étaient confisqués, et ils étaient contraints par la force à mendier aux carrefours.

Il s'agit en fait de cinq familles qui se partageaient le territoire toulousain : pour l'une, les carrefours des Ponts Jumeaux, pour l'autre les feux tricolores de Balma-Gramont, du Boulevard de Suisse ou d'Atlanta. Elles "possédaient" chacune entre 6 et 10 mendiants, qui vivaient dans un bidonville dans une pauvreté extrême. Traités comme des esclaves, ils étaient parfois vendus par leur famille à une autre. Chaque mendiant récoltait entre 40 et 150 euros, jusqu'à 400 euros les bons jours. 

Des victimes frappées quotidiennement et obligées à boire de l'alcool

Mais ils n'en voyaient jamais la couleur : pour ceux qui réclamaient une partie du butin, c'était passages à tabac, coups de couteau, parfois coups de feu, un mendiant s'est même fait rouler dessus par un de ses bourreaux en voiture. Même tarif pour ceux qui osaient protester ou tentaient de fuir, voire même si la récolte semblait insuffisante aux chefs de clans.  

Les victimes, dont certaines étaient recrutées en raison de handicaps physiques ou de retards mentaux, étaient forcées à boire de l'alcool pour rester dans un état de dépendance. 

Sept mois d'enquête pour démanteler le réseau

Plusieurs d'entre elles ont tout de même réussi à porter plainte, ce qui a conduit à l'ouverture d'une enquête, en novembre dernier. Il aura fallu sept mois aux policiers de la sûreté départementale pour parvenir à démanteler le réseau. Une enquête compliquée du fait de l'omerta régnant dans le milieu. Grâce à des filatures, écoutes téléphoniques et une surveillance poussée, les policiers de la Sûreté départementale ont réussi à reconstituer l'organisation, et une vaste opération de police, mobilisant 160 fonctionnaires, a permis l'arrestation des membres du réseau.

La trentaine de mendiants qui occupait le camp a été prise en charge par les services sociaux. La quasi-totalité a demandé à pouvoir rentrer en Bulgarie, ils vont être rapatriés par le consulat.