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Faits divers – Justice

A Toulouse, les médecins urgentistes se forment face au risque d'attentat

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Par , France Bleu Occitanie

Comment réagir, lorsqu'on est médecin sur une scène d'attentat ? Quels sont les premiers gestes à faire? Pour répondre à ces questions et acquérir les bons réflexes d'urgence, une formation était organisée à Toulouse ce week-end, à l'initiative de la Clinique des Cèdres.

Les médecins se sont entraînés par petits groupes à faire face à une situation d'attentat
Les médecins se sont entraînés par petits groupes à faire face à une situation d'attentat © Radio France - Nolwenn Quioc

Toulouse, France

Dans une salle, une quinzaine de médecins participent à un exercice pratique. Certains sont allongés par terre, avec de fausses blessures et du maquillage. D'autres errent dans la salle : ce sont les témoins d'un attentat fictif. Trois médecins entrent, et doivent réaliser les premiers gestes de secours. Pas facile, en quelques minutes, d'évaluer la situation, de faire sortir ceux qui ne sont pas blessés, de faire les premiers gestes. Faut-il d'abord s'occuper de cette dame qui a une plaie au thorax, ou d'un homme qui a du mal à respirer ? Faire un massage cardiaque, poser un garrot, faire un point de compression ?

Les urgentistes doivent acquérir de nouveaux réflexes

"En cas d'attentat, les réflexes des urgentistes doivent être complètement différents", explique Laurence Sztulman. Cette toulousaine est médecin urgentiste à Paris. Lors des attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Casher, elle travaillait chez les sapeurs pompiers, et elle a fait partie des premières personnes arrivées au Bataclan après l'attaque du 13 novembre 2015.

"Habituellement, quand vous intervenez, c'est toujours en zone sécurisée. Même si c'est un train qui a déraillé, les pompiers ont sécurisé la zone. Là, il y a un attentat, et un risque de sur-attentat, c'est à dire une deuxième attaque qui peut survenir dans les minutes ou les heures qui suivent".

L'exercice "Urgences attentat" plus vrai que nature permet aux médecins d'être préparés psychologiquement

Le premier réflexe est donc de vérifier que l'on est en sécurité ; le deuxième de faire le tri entre les blessés. "Mais moi je suis médecin, si je vois un blessé j'ai envie de l'aider" s'inquiète une participante. "Je sais que c'est compliqué, répond Laurence Sztulman, mais pendant que vous soignez cette personne, il y en a peut-être d'autres qui auraient davantage besoin de vous et qui restent sans soin" .

Des garrots plutôt que des massages cardiaques

Les gestes de premiers soins eux même sont complètement différents : pas de massages cardiaques, mais des garrots et des couvertures de survies.

"Clairement, c'est une médecine de guerre qu'on est en train d'apprendre. Et ça c'est nouveau" précise le docteur Antoine Pierantoni, un des formateurs, urgentiste à la clinique des Cèdres.

En cas de blessures par balles, le risque d'hypothermie est important, et peut même être mortel, d'où l'importance des couvertures de survie - Radio France
En cas de blessures par balles, le risque d'hypothermie est important, et peut même être mortel, d'où l'importance des couvertures de survie © Radio France - Nolwenn Quioc

Des formations régulières pour tous les professionnels

Cette formation a été organisée par la clinique des Cèdres suite à la demande de nombreux médecins. D'autres sessions seront organisées dans les prochains mois. "C'est essentiel, ce genre de formation, explique Laurence Sztulman. A Paris, nous sommes très bien formés, suite aux nombreux attentats mais il faut que ça se développe dans toute la France". Cette médecine de guerre appliquée aux situations d'attentats va aussi désormais faire partie du cursus des étudiants en médecine.