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Faits divers – Justice

À Tours, la maison d'arrêt affiche un taux d'occupation de 196%

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Par , France Bleu Touraine, France Bleu

Le taux d'occupation de la maison d'arrêt de Tours est de 196%, un niveau déjà atteint mais qui reste très élevé. Cette surpopulation pèse évidemment sur le quotidien des détenus et des surveillants.

284 personnes sont actuellement détenues à Tours pour seulement 145 places
284 personnes sont actuellement détenues à Tours pour seulement 145 places © Maxppp - Patrice Deschamps / Maxppp

Indre-et-Loire, France

La maison d'arrêt de Tours est pleine à craquer !  Son taux d'occupation est de 196%. 284 personnes y sont actuellement détenues pour seulement 145 places. Fin mars, ce taux était de 150%. C'est aujourd'hui le plus important de toutes les maisons d'arrêt de son ressort (qui recouvre la Bourgogne Franche Comté et le Centre Val de Loire), même si globalement, la surpopulation touche l'ensemble des prisons françaises.  

Une conséquence du changement opéré au parquet de Tours

Alors comment s'explique ce taux extrêmement élevé ? Difficile à dire, même s'il est vrai qu'il y a eu du changement ces derniers mois. En l'occurrence, changement de procureur de la République. Celui qui est désormais le patron du parquet tourangeau l'a dit dès sa prise de fonctions en avril dernier, la réponse pénale doit être plus rapide, plus ferme. Conséquence, les présentations au parquet se sont multipliées ces derniers mois, tout comme les comparutions immédiates, d'où cette hausse du nombre d'incarcérations, et donc mécaniquement du taux d'occupation de la maison d'arrêt. À titre de comparaison, il y avait 10 défèrements au parquet par mois avant son arrivée, il y en aujourd'hui 80. Même tendance d'ailleurs en ce qui concerne les violences conjugales, avec en moyenne 11 défèrements par mois, contre seulement une ou deux auparavant.  

Le but en fait, c'est de raccourcir le délai entre les faits et le jugement. "Juger quelqu'un 10 ou 11 mois après la commission d'une infraction n'apporte que peu de sens" dit Grégoire Dulin. Être jugé immédiatement permet en revanche de mieux prendre conscience des faits commis. Il assume aussi la mise en place d'une politique pénale plus ferme pour les récidivistes et tous ceux qui ont déjà été condamnés par la justice.

"Il faut que les agents soient plus vigilants, on est pas dans une crèche" - Le secrétaire local du SPS

Toujours est-il que cette surpopulation bouleverse forcément le quotidien des surveillants de prison. Le secrétaire local du SPS, le Syndicat pénitentiaire des surveillants, évoque ces détenus qui sont à trois dans une cellule de 9 mètres carrés, ces surveillants qui sont obligés de gérer chacun 80 à 90 détenus. Il réclame donc une mesure d'urgence. "Une maison d'arrêt est censée avoir des condamnés à maximum deux ans, toutes les personnes condamnées au-delà de deux ans devraient donc être transférées vers un établissement pour peines ou un centre de détention. Mais pour l'instant, ça bloque ! C'est la sécurité des personnels et des détenus qui est en jeu, car plus il y a de détenus, plus il y a de tensions, de risque de bagarres, de rackets, etc".  

Franck Linarès entend les difficultés des agents face à cette surpopulation, mais pour le Directeur interrégional adjoint des services pénitentiaires, ce transfert de détenus est difficilement réalisable dans le ressort de la DI, la Direction interrégionale de Dijon dont dépend la maison d'arrêt de Tours. "On tourne à des taux de sur-occupation de l'ordre de 150 à 170% dans les établissements du ressort de la DI de Dijon, donc je ne peux pas envoyer massivement les détenus de Tours dans tel établissement ou dans tel autre. L'autre limite, c'est le maintien des liens familiaux, je ne peux pas les envoyer trop loin de la région dont ils sont originaires". 

Lui avance quand même quelques chiffres. L'an dernier, l'administration pénitentiaire a procédé à 37 transferts de détenus pour soulager la maison d'arrêt de Tours. Elle en est à 47 cette année. Mais pour lui, cela reste une solution marginale. C'est la vigilance des personnels qui, dit-il, permet que cette surpopulation ne débouche pas sur des problèmes d'insécurité. Il indique également qu'il n'y a pas plus d'agressions cette année par rapport à l'an dernier à Tours (entre détenus et envers les personnels).

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