Faits divers – Justice

Libourne : Maître Ilario, le libertin magnétiseur sadomasochiste condamné par la justice

Par Yassine Khelfa M'Sabah, France Bleu Gironde et France Bleu jeudi 6 octobre 2016 à 1:09 Mis à jour le jeudi 6 octobre 2016 à 7:20

Philippe Lamy se faisait appeler Maître Ilario ou Florenzo Giovanni dans les milieux échangistes
Philippe Lamy se faisait appeler Maître Ilario ou Florenzo Giovanni dans les milieux échangistes © Maxppp - Klein Stéphane

Lourd jugement du tribunal correctionnel de Libourne ce mercredi soir : Philippe Lamy est condamné à cinq ans d'emprisonnement dont un avec sursis pour des faits d'abus de faiblesses, agressions sexuelles et exercice illégal de la médecine. Maître Ilario se présentait comme un magnétiseur.

Le jugement a été rendu ce mercredi soir à Libourne dans cette affaire qui dure depuis 2012 et qui commençait à peser lourdement dans la tête des victimes. Il avait été reporté en avril dernier pour "des débats plus sereins et un temps d'audience raisonnable".

Philippe Lamy est reparti en prison dès l'annonce du jugement vers 23h00 ce mercredi soir. Il laisse derrière lui dans la salle des dizaines de femmes soulagées, des hommes et des familles qui ont tous le même mot en bouche : "enfin !" . De la prison, c'est ce qu'attendant les huit parties civiles dans cette affaire, pour punir cet homme à l'origine d'emprise mentale, de pratiques sexuelles déviantes, contre des "gélules magiques" et de "dégât social" pour reprendre les mots de leur avocat, Maître Daniel Picotin.

C'est un long parcours pour reconnaître cette emprise mentale et aujourd'hui cette décision est satisfaisante, enfin on est libre !
— Aurélie, une des victimes

Récidiviste

Philippe Lamy a déjà été condamné à quatre mois de prison ferme en 2012 pour exercice illégal de la profession de médecine alors qu'il dirigeait un club libertin à Listrac -Médoc. Même modus operandi, il dit avoir des dons de magnétiseur transmis par son père à sa mort. Il magnétise alors des gélules et les prescrit à des femmes souvent fragiles, vulnérables et malades. Certaines sont victimes de dépression, d'autres de simples maux de dos et d'autres des cancers. Pour ces dernières, il demande l'arrêt des traitements et exige des faveurs sexuelles pour stopper leur maladie "car sa semence est guérisseuse" invente-t-il. Ces femmes et trois particulièrement sont touchées par ce que l'on peut appeler de l'emprise mentale. Une situation psychologique confirmée par les expertises de plusieurs psychologues lors de l'Instruction.

Nous constatons que le tribunal est allé au-delà des réquisitions au vu de tout ce que les experts ont prouvé sur ce phénomène d'emprise mentale. On a assisté à un procès de manipulation mentale.
— Me Daniel Picotin

Une manipulation que l'avocate de Philippe Lamy, Maître Maud Sécheresse, a du mal à croire. En tout cas, elle estime que les femmes qui se sont présentées à la barre n'étaient pas "complètement sous l'emprise mentale de son client" et que dans certains cas ces femmes agissaient en connaissance de cause.

Du libre-échangisme à la phase de destruction psychologique

Phillippe Lamy est resté droit dans ces bottes pendant cette longue journée de procès. Si lors des précédents procès, il criait au complot et insultait ses amis de Judas, aujourd'hui il confirme l'histoire des gélules magnétisées. Mais en ce qui concerne les faits d'abus de faiblesse et d'agressions sexuelles, il nie tout en bloc. Pour lui, "ces femmes n'assument plus ce qu'elles ont aimé hier".

C'était des jeux de rôle pour les insultes, l'humiliation et la soumission. Elles aimaient ça. Sur les photos, elles ont le sourire.
— Philippe Lamy

Philippe Lamy doit être rejugé en appel à Grenoble le 10 mai, pour coups et blessures sur une victime du Sud-Est. Il avait écopé en première instance d'un an de prison dont 6 mois ferme.

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