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Accident de car scolaire à Labergement : "je n'accablerai pas cette conductrice," réagit un confrère

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Par , France Bleu Besançon

Deux infractions ont été retenues contre la dame qui conduisait le car scolaire lors de l'accident à Labergement-Sainte-Marie dans le Doubs, mardi 1e décembre 2020. Sur les réseaux sociaux, les commentaires l'accablent parfois. Réaction et témoignage d'un conducteur de car scolaire en Haute-Saône.

Pierre conduit un car scolaire Mobigo pour la société Danh Tourisme en Haute-Saône, depuis 2005. Il conduit aussi des bus touristiques en montagne.
Pierre conduit un car scolaire Mobigo pour la société Danh Tourisme en Haute-Saône, depuis 2005. Il conduit aussi des bus touristiques en montagne. © Radio France - Sophie Allemand

Après l'accident d'un car scolaire mardi 1e décembre 2020 à Labergement-Sainte-Marie dans le Doubs, deux infractions sont retenues contre la conductrice : blessures involontaires et violation manifestement délibérée d'une obligation de prudence et de sécurité. L'accident a eu lieu après un dépassement sur les routes enneigées. Pour comprendre ce qui se passe dans le quotidien des conducteurs de cars scolaires, nous avons rencontré l'un d'eux : Pierre, en Haute-Saône.

"C'est une grande responsabilité de transporter des vies"

Pierre conduit un car scolaire Mobigo pour la société Danh Tourisme, "c'est une grande responsabilité de transporter des vies" dit-il. Chaque jour il emmène et ramène 33 petits à l'école, et il en est fier : "on connait les prénoms des enfants que l'on a dans nos tournées, on sait ce qui les fait rire, ils nous racontent leurs petites histoires tous les jours."

Je ressens de la tristesse pour cette dame

Après l'accident à Labergement-Sainte-Marie, il a de la compassion pour la conductrice de 65 ans. Il se met à sa place : "je ressens de la tristesse pour cette dame, quand je vois les commentaires qui l'accablent... Elle était trop vieille, pas assez formée, elle a fait ce qu'il ne fallait pas..." 

"Je ressens de la tristesse pour cette dame là" : Pierre, conducteur de car scolaire

Pour lui, c'est facile de jeter la pierre au conducteur après un accident : "en connaissance de cause, cette dame savait qu'elle transportait des enfants. Bien sûr on en a conscience, tous les jours on prend le volant avec la boule au ventre en espérant que tout va bien se passer. Et sur la neige, tout ne se passe pas toujours comme on voudrait..."

Pierre garde son car à son domicile. Il l'a même décoré de guirlandes pour Noël et prévoit de se déguiser en Père-Noël avant les vacances de fin d'année
Pierre garde son car à son domicile. Il l'a même décoré de guirlandes pour Noël et prévoit de se déguiser en Père-Noël avant les vacances de fin d'année © Radio France - Sophie Allemand

Lui même a été traumatisé par un accident sans conséquence grave, alors qu'il conduisait un bus à vide, il y a quelques années : "ça cogite, je vous promets. Pendant deux mois, je revivais l'accident toutes les nuits. Je me demandais ce que j'aurais pu faire pour éviter cette voiture : rien, on ne peut rien faire! Donc je me mets facilement à sa place."

"Je ne sais pas ce qui l'a poussée à dépasser à ce moment"

Pierre ne subit aucune pression pour arriver à l'heure pendant son service : "bien sûr, on veut arriver à l'heure car les instituteurs nous attendent. Mais l'on ne nous pousse jamais à aller trop vite, ou à prendre des risques pour arriver à l'heure, pas avec la responsabilité que l'on a derrière nous. Je n'étais pas à la place de cette dame, je ne sais pas ce qui l'a poussée à dépasser à ce moment, peut-être une voiture devant qui roulait mal. Non, je n'accablerai pas cette conductrice. C'est aux gendarmes et à l'enquête de se prononcer."

Avant, il y avait des accompagnatrices, maintenant quasiment plus

Le problème selon le chauffeur, c'est de ne pas pouvoir contrôler le port de la ceinture pendant le trajet : "avant il y avait des accompagnatrices, maintenant quasiment plus. Avec les petits, on se déplace dans le car pour vérifier qu'ils sont bien attachés. Mais pendant le trajet, on ne peut pas avoir les yeux sur la route et en même temps regarder dans le rétro pour voir si les enfants restent bien attachés." Suite à l'accident de mardi, en effet, le procureur de la république de Besançon, Etienne Manteaux dans l'Est Républicain a précisé que "la plupart des élèves" étaient attachés.

Le syndicat CFDT transports de Franche-Comté partage ce point de vue, et soutient la conductrice mise en cause après l'accident de Labergement-Sainte-Marie, en attendant bien sûr que la justice fasse son travail. On le rappelle, 30 enfants âgés de 6 à 14 ans se trouvaient à bord de ce car mardi 1e décembre. Trois d'entre eux ont été blessés, dont deux grièvement. L'enquête se poursuit désormais avec l'audition des témoins et du conducteur de la voiture doublée par le bus.

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