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Faits divers – Justice DOSSIER : L'accident de train de Dudelange au Luxembourg

Accident de train à Dudelange : les défaillances humaines et techniques confirmées par un nouveau rapport

lundi 19 février 2018 à 12:40 Par Cédric Lang-Roth , France Bleu Lorraine Nord

L'administration des enquêtes techniques luxembourgeoise publie ce lundi un rapport d'étape sur l'accident ferroviaire du 14 février 2017 à Dudelange. Le document confirme les deux facteurs : une erreur humaine et une défaillance technique. Les services grands-ducaux établissent 4 recommandations.

Un train de fret et un de voyageurs se sont percutés de face le 14 février à Dudelange au Luxembourg, un conducteur est mort.
Un train de fret et un de voyageurs se sont percutés de face le 14 février à Dudelange au Luxembourg, un conducteur est mort. © Radio France - François Pelleray

Une double défaillance, technique et humaine. Voilà les causes de l'accident ferroviaire mortel du 14 février 2017 à Dudelange. Le rapport d'étape publié ce lundi par l'administration des enquêtes techniques (AET) luxembourgeoise vient confirmer les résultats des premières expertises, rendues publiques en mars 2017.

L'accident, qui s'est produit un peu avant 9h, a coûté la vie au conducteur luxembourgeois du TER, la contrôleuse de ce train a été blessée. Le conducteur français du train de fret a, lui aussi, été blessé. Par chance, le TER ne transportait aucun voyageur.

Le conducteur décédé allait trop vite

Le document d'une trentaine de pages précise ainsi que le conducteur du TER, décédé dans le choc, n'a pas respecté la signalisation qui lui ordonnait de ralentir. 1500m avant le lieu de la collision, il aurait normalement dû ralentir son train. Or le convoi a accéléré, à 300m du point d'impact il a ainsi franchi un signal lui commandant de s'arrêter à la vitesse de 131km/h. Bien trop vite pour pouvoir éviter le choc.

Défaillance du système de sécurité

Le rapport ne précise pas pourquoi le conducteur n'a pas respecté les signaux de bord de voie, c'est une autre enquête, judiciaire celle-là, qui sera chargée d'éclaircir ce point. Ce qui est sûr en revanche, c'est que les analyses toxicologiques n'ont rien révélé.

Autre point non négligeable de ce nouveau rapport : la défaillance du système technique Memor II+, système de sécurité en vigueur au Luxembourg, est confirmée. Cette technologie aurait dû indiquer au conducteur qu'il roulait trop vite et même enclencher un freinage d'urgence. Or cela ne s'est pas produit.

Plus grave encore, dans leurs analyses, les enquêteurs de l'AET ont démontré qu'une telle défaillance s'est produite à 15 reprises entre le 1er janvier et le 14 février 2017. La veille du drame, ce même TER est passé au même endroit sans déclencher le Memor II+. Et le jour de l'accident, le TER qui précédait le train accidenté n'a pas, non plus, déclenché le Memor II+. Les enquêteurs n'expliquent pas, en revanche, comment ces défaillances ont pu se produire.

L'AET fait dans la foulée quatre recommandations de sécurité aux chemins de fer luxembourgeois pour qu'un tel accident ne se reproduise plus :

  • améliorer Memor II+ pour que le conducteur de train puisse être mieux informé en cas de défaut du système;
  • faire évoluer rapidement les trains pour qu'ils adoptent tous le nouveau système de sécurité européen ETCS;
  • sensibiliser les conducteurs de train pour qu'ils informent dès qu'ils le peuvent leurs supérieurs des défauts de ces systèmes de sécurité;
  • renforcer l'analyse des "boites noires" des trains pour détecter d'éventuelles anomalies.

Dans un communiqué, les CFL réagissent à la publication du rapport. La compagnie ferroviaire luxembourgeoise précise que "l’AET a pris note des mesures complémentaires de prudence déjà mises en oeuvre [...] et n’adressent pas aux CFL de recommandations supplémentaires". Les CFL indiquent également que "tous les trains voyageurs des CFL, y compris ceux de et vers la France, circulent aujourd’hui en ETCS (le nouveau système de sécurité européen, NDLR)".