Faits divers – Justice DOSSIER : L'accident de train de Dudelange au Luxembourg

Accident de train au Luxembourg : des défaillances humaines et techniques

Par Cédric Lang-Roth et Cécile Soulé, France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu mardi 21 mars 2017 à 12:13

Dégagement des voies après l'accident ferroviaire entre Dudelange et Bettembourg au Luxembourg.
Dégagement des voies après l'accident ferroviaire entre Dudelange et Bettembourg au Luxembourg. © Radio France - François Pelleray

Plus d'un mois après l'accident qui a coûté la vie à un conducteur de train, l'expert judiciaire mandaté par le Luxembourg a rendu ce mardi son premier rapport préliminaire. Il livre des précisions sur les circonstances du drame.

L'enquête avance après l'accident mortel du 14 février dernier au Luxembourg. L'expert judiciaire vient de rendre son premier rapport. Selon lui, il y a eu à la fois une erreur humaine et une erreur technique.

Premier problème : le conducteur du TER luxembourgeois n'a pas réagi à un signal lumineux en position "avertissement", en clair une sorte de feu rouge qui demandait au conducteur de stopper le train. A cette erreur humaine s'est rajoutée, selon l'expert judiciaire, une erreur technique, dans l'infrastructure même des chemins de fer.

Le conducteur a freiné trop tard

Quand le train a dépassé le feu d'avertissement, un système d'aide à la conduite, sur la voie, aurait dû émettre un signal au TER pour activer le freinage automatique. Or, note l'expert, ce signal n'a pas été reçu par le train. Lorsque le conducteur a réalisé que le train de marchandise arrivait en face, il a tenté de freiner de toute urgence. Mais la distance de freinage était insuffisante pour éviter la collision avec l'autre train. Le cheminot est décédé dans l'accident.

La vitesse du train est passée de 133 km/h à 85 km/h au moment de l'impact; une vitesse réduite en urgence mais encore trop forte pour empêcher la catastrophe.

L'enquête se poursuit afin de savoir pourquoi le signal d'alerte automatique n'a fonctionné correctement.

"On se doutait bien qu'il n'y avait pas qu'une erreur humaine"

Pour Stéphane Derelle, de l'intersyndicale CFDT-CGT-Sud Rails, les conditions de sécurité ne sont donc pas complètement réunies sur les rails au Luxembourg et justifient le droit de retrait des cheminots français: "On se doutait bien, contrairement à ce qu'on nous disait, qu'il n'y avait pas qu'une erreur humaine".

Stéphane Derelle, de l'intersyndicale CFDT6CGT-Sud Rails: "Ce rapport d'enquête préliminaire nous donne raison"

L'intersyndicale CFDT-CGT-Sud demandent donc l'arrêt des mises en demeure des agents (retenues sur salaires et sanctions administratives).