Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice DOSSIER : Accident de Millas

Accident de Millas : la conductrice du car mise en cause par l'expertise, la SNCF dédouanée

vendredi 5 octobre 2018 à 7:48 Par Pierre Emparan, France Bleu Roussillon et France Bleu

Le rapport des expertises techniques du drame de Millas dévoilé ce vendredi dans "Le Parisien-Aujourd'hui en France" confirme le freinage tardif de l'autocar scolaire près de la barrière et exonère la SNCF. L'accident au passage à niveau en 2017 avait coûté la vie à six collégiens.

Le lieu de l'accident entre un train et un autobus scolaire au passage à niveau de Millas
Le lieu de l'accident entre un train et un autobus scolaire au passage à niveau de Millas © AFP - COR

Millas, France

Dix mois après l'accident du bus scolaire percuté par un TER le 14 décembre 2017 au passage à niveau de Millas (Pyrénées-Orientales), dans lequel six collégiens ont perdu la vie, les experts ont remis leur rapport à la juge d'instruction. Les infrastructures de la SNCF sont hors de cause. La conductrice du bus semble avoir freinée trop tard. "Ces conclusions orientent de manière assez nette l’enquête vers la responsabilité de la conductrice", selon Me Eric Moutet, l’avocat d’une famille de victime cité dans Le Parisien Aujourdhui en France.

Un freinage tardif, cause de l'accident

Selon les deux experts qui ont analysé le véhicule : "L’origine de cet accident provient d’un freinage tardif  de la conductrice de l’autocar ". Mise en examen pour homicides et blessures  involontaires une semaine après la catastrophe, la conductrice a toujours affirmé que, selon elle, les barrières étaient ouvertes. Les investigations techniques tendent à prouver le contraire.

Voici les conclusions des experts :

"Après avoir effectué sa délicate manœuvre d’insertion sur la Départementale 612 et après avoir  accéléré jusqu’à 12 km/h, la conductrice de l’autocar […] se rend compte  de la présence d’un obstacle devant son autocar et elle écrase la  pédale de frein. Le seul obstacle pouvant se trouver devant son autocar  dans son couloir de circulation nécessitant d’écraser la pédale de frein  est la présence de la barrière fermée du passage à niveau n°25. Mais  lorsqu’elle décide de freiner, l’autocar […] est déjà trop près de la  barrière fermée et elle ne réussit pas à stopper l’autocar avant  d’atteindre la voie ferrée. Sur sa lancée, bien qu’elle soit en  freinage, elle percute la barrière du passage à niveau qui se plie."

Pas de dysfonctionnement du passage à niveau, mais le doute demeure

L’expertise technique réalisée sur les rames et le passage à niveau exonère la responsabilité de la SNCF . "Nous n’avons pas identifié de cas de dysfonctionnement du passage à niveau qui aurait pu conduire à une non-fermeture de barrière au moment du passage du train", concluent les deux experts. En  revanche, les spécialistes qui ont examiné les restes de la barrière  sont prudents. "Plusieurs événements ayant eu lieu et la barrière ayant  plusieurs endommagements, il est difficile de remonter à ce qui a pu se  passer", expliquent-ils.

Les somnifères de la conductrice ont ils joué un rôle ?

La juge d’instruction du pôle accident collectif de Marseille, qui instruit le dossier, vient selon Le Parisien Aujourd'hui en France de désigner deux experts médicaux -une ophtalmologue et  un ORL- pour savoir notamment si les somnifères que prenait la conductrice, depuis sept ans, ont eu une influence sur son acuité visuelle ou  auditive.

Le généraliste et le médecin du travail de la conductrice pointés du doigt

Maître Jehanne Collard, qui défend trois familles parties civiles, s'étonne sur franceinfo qu'un médecin puisse prescrire des somnifères à un conducteur de car scolaire : "Le problème doit se poser du travail des médecins, du généraliste qui lui a prescrit des somnifères dont les effets secondaires sont graves pour les personnes qui conduisent, du médecin du travail qui était informé et qui l'a déclarée apte à la conduite, on peut imaginer et c'est un des effets des médicaments qu'elle prenait, qu'elle a eu un moment d'absence et qu'elle n'a réalisé qu'au dernier moment que les barrières étaient fermées."

Et de conclure : "Ce qui est important pour ce dossier, mais pour tout les enfants de France qui montent dans un car scolaire c'est que des médecins puissent prescrire à quelqu'un qui conduit des enfants, des somnifères dont les effets secondaires sont très lourds".