Faits divers – Justice

Accident en Gironde : le point sur l'enquête

Par Marina Cabiten, France Bleu Gironde et France Bleu vendredi 23 octobre 2015 à 18:40

Sur les lieux de l'accident en Gironde, le 23 octobre 2015
Sur les lieux de l'accident en Gironde, le 23 octobre 2015 © Reuters

Le bilan de l'accident entre un autocar et un camion vendredi en Gironde (43 morts, quatre blessés graves) en fait le plus meurtrier depuis plus de 30 ans en France. Les circonstances exactes de la collision et la raison de l'embrasement des deux véhicules sont pour l'instant inconnues.

Quarante-trois morts, quatre blessés grave : l'accident de Puisseguin (Gironde) vendredi est la pire catastrophe routière depuis 1982. La plupart des victimes sont des personnes âgées, mais un enfant a lui aussi été brûlé vif. Le camion et le bus entrés en collision ont pris feu aussitôt. Que s'est-il passé exactement sur la départementale 17 ? Près de 200 gendarmes sont mobilisés pour le découvrir. 

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La collision

C'est peu avant 7h30 que l'accident se produit, sur cette petite route de Gironde au nord de Bordeaux. "Le chauffeur du camion aurait perdu le contrôle de son véhicule. Il se serait mis en travers de la route. Le chauffeur du bus n'a pas pu éviter l'accident. Il a percuté le camion", a déclaré le maire de Puisseguin, Xavier Sublett, qui a évoqué une route "très sinueuse" avec "une enfilade de virages serrés".

Mais pourquoi le camion de transport de bois, qui circulait à vide, a-t-il quitté sa voie ? Les enquêteurs l'ignorent encore.

L'embrasement

L'autre grande question de cette enquête est l'embrasement quasi-immédiat des deux véhicules, à l'origine de ce bilan si lourd. Il pourrait avoir pour cause le choc du car contre les réservoirs de carburant et d'huile hydraulique (pour la grue) du camion, selon des experts.

"Un car, ça ne brûle pas à cette vitesse", s'étonne Michel Seyt, président de la Fédération Nationale des Transports de Voyageurs (FNTV), qui regroupe les autocaristes. "Le moteur est à l'arrière", souligne-t-il. Pour lui aussi, l'incendie pourrait plutôt venir du camion. "Pour ce type de camion, un grumier qui transporte du bois, il y a plusieurs réservoirs. Et notamment une réserve importante d'huile hydraulique pour la grue, qui semble être le plus inflammable. Toutefois, les réservoirs (de carburant) du camion ont bien été percutés par l'autocar", a détaillé M. Seyt, qui reste "très interrogatif".

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La route

L'infrastructure est-elle en cause ? C'est ce que pense Noël Mamère, député-maire écologiste de Bègles. "Pour ceux qui connaissent bien cet endroit, ce qui est mon cas, l'endroit où a eu lieu l'accident, c'est un virage extrêmement dangereux qui est considéré comme très accidentogène", a souligné l'élu girondin. "A force d'avoir mené des politiques qui visent à multiplier les autoroutes et les grands projets, on a petit à petit abandonné l'entretien et la qualité de ces routes secondaires", a-t-il ajouté. 

*"Combien de voitures j'ai vu tomber dans le fossé, dans les vignes, sur __*cette route qui est très dangereuse en bas", a témoigné Jacques Deval, dont des membres de la famille ont été blessés. 

Mais pour le secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies, cette route ne présente "pas de dangerosité particulière".

La longue identification des victimes

Une soixantaine de pompiers, appuyés par une vingtaine de véhicules et des hélicoptères, participaient vendredi aux opérations de secours très pénibles, notamment en ce qui concerne l'identification des victimes, qui devrait entrer dans sa phase active dès samedi matin. D'ici là, tous les corps seront restés dans l'autocar selon les pompiers, aucun n'a été extrait de la carcasse. Des prélèvements ADN seront menés avant que les corps ne soient rendus aux familles. 

L'enquête a été confiée par le Parquet de Libourne à la Section de recherches (SR) de la gendarmerie de Bordeaux. Des membres de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) sont également sur place.

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