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Dossier : L'accident du TGV Est à Eckwersheim

Déraillement d'un TGV à Eckwersheim : cinq ans après le drame, la douleur persiste pour les parents de Jérémy

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Mayenne, France Bleu Alsace, France Bleu

Il y a cinq ans, le samedi 14 novembre 2015, un terrible accident de TGV en Alsace faisait 11 morts. Parmi eux, le jeune Mayennais Jérémy Landais. Aujourd'hui, ses parents ne pourront pas se rendre sur les lieux du drame et leur douleur est intacte.

Jacques et Christine Landais ont perdu leur fils Jérémy dans l'accident de TGV du 14 novembre 2015.
Jacques et Christine Landais ont perdu leur fils Jérémy dans l'accident de TGV du 14 novembre 2015. © Radio France - Gildas Menguy

Il y a cinq ans jour pour jour (le samedi 14 novembre 2015), le Bonchampois Jérémy Landais était tué dans l'accident de TGV en Alsace. Ce train qui effectuait des essais sur la future Ligne à Grande Vitesse. Une vitesse trop importante à l'entrée d'une courbe avait provoqué le déraillement de la rame faisant 11 morts dont Jérémy.

Le Mayennais de 27 ans travaillait pour la Scnf en tant qu'expert en dynamique ferroviaire.

Tous les ans à la date anniversaire, les parents de Jérémy se rendent sur les lieux de la catastrophe où un jardin du souvenir a été créé avec 11 stèles en mémoire des 11 victimes. Mais cette année, en raison du confinement, la cérémonie a été annulée. De quoi rajouter encore un peu plus de peine aux parents de Jérémy, Jacques et Christine Landais. "C'était très important pour nous d'aller sur place, explique le papa de Jérémy. Surtout les quatre dernières années où on se retrouvait avec les autres familles, donc on pouvait discuter ensemble, on était soudés. Là, si nous nous rendons sur place en décembre ou en janvier, on sera tout seul. On essaiera quand même de se regrouper avec d’autres familles pour passer ce moment difficile ensemble."

"On vit un peu au jour le jour"

Cinq ans après le drame, ce n'est pas tous les jours facile de retrouver goût à la vie. Il y a des hauts et des bas raconte Christine, la maman de Jérémy : "Nous ne sommes pas dans une association, je me suis faites aidée au départ, j'ai consulté pendant 3-4 mois. Ça allait mieux, mais là, je sens que je redescends donc je pense que je vais retourner voir un spécialiste, j'ai besoin d'être aidée. On vit un peu au jour le jour. On subit."

Le vide est là et le manque, c'est dur

La douleur reste vive pour Christine Landais : "le manque s'installe de plus en plus, je revois encore Jérémy partir, la dernière fois qu'on l'a vu, partir de la maison. Il y a des choses qui restent, qui sont marquées à vie. On efface rien de presque 28 ans de vie, on n’efface rien d'un enfant de toute façon. Heureusement que l'on a notre fille qui nous soutien, qui est proche de nous. Elle nous appelle régulièrement. Nous sommes bien entourés, avec notre famille, nos amis, nos collègues de travail. Ça m'aide beaucoup. Mais aujourd'hui, le vide est là et le manque, c'est dur. Cette année, j'ai beaucoup de mal, je n'ai jamais été à ce niveau-là. Et puis, le fait de ne pas aller à Eckwersheim, je pense que cela contribue également à cette sensation. On ne va pas revoir des familles avec qui ça se passe bien. On ne va être que tous les deux. Se retrouver tous les deux ce jour-là (samedi), c'est compliqué même si on est bien entourés, par nos amis. Mais ça ne remplace pas la peine, le mal qu'on a. C'est dur à vivre. Franchement, je ne souhaite à personne de perdre un enfant. J'arrive pas à  (silence...) on pense à plein de choses, ce sont vraiment des dates horribles. Ils nous ont enlevé des petits-enfants et c'est dur aussi ça. Jérémy était marié, il aurait certainement eu des enfants. Nos amis ont des petits-enfants et nous on est là, on se retrouve... (Christine ne termine pas sa phrase) mais bon c'est comme ça, c'est la vie mais c'est dur à vivre."

J'en veux à la SNCF "

Et puis, il y a l'enquête. L'instruction n'est pas encore terminée. "Moi, j'en veux à la Sncf de plus en plus je pense lâche Christine Landais. Ils sont responsables, ils ont tué notre fils. J'en veux à la Sncf, à Systra (société d'ingénierie ferroviaire chargée de la construction de la ligne LGV Est). Tous ces gens qui se croient au-dessus de tout peut-être, ils ont pris ces essais un peu à la légère. Il y a eu du laxisme lors de ces essais. Ils nous enlevé notre fils. C'est peut-être dur à entendre pour eux mais c'est comme ça. Le procès débattra sur tous ces points mais c'est ce qui ressort de l'enquête."

Le procès de la catastrophe d'Eckwersheim n'a pas encore eu lieu. Il pourrait se tenir à Paris d'ici un an voire en 2022.

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