Faits divers – Justice

Accident mortel de chasse en Dordogne: le tireur affirme qu'il s'agit d'un tir de ricochet

Par Marie-Sylvie Prudhomme, France Bleu Périgord et France Bleu lundi 7 novembre 2016 à 12:46

L'accident s'est produit lors d'une battu aux sangliers-Photo d'illustration
L'accident s'est produit lors d'une battu aux sangliers-Photo d'illustration © Maxppp - maxppp

Le chasseur qui est l'auteur du coup de fusil mortel de ce dimanche à Campsegret en Dordogne affirme qu'il s'agit d'un tir de ricochet. L'accident s'est produit au cours d'une battue aux sangliers. La victime, un jeune chasseur de 26 ans, a été atteinte d'une balle au thorax.

L'enquête se poursuit après l'accident de chasse mortel de ce dimanche à Campsegret en Dordogne. Selon le parquet de Bergerac, l'auteur du coup de fusil mortel, un chasseur de 63 ans, affirme " qu'il a tiré à deux reprises sur ce qu'il croyait être un sanglier et que la victime a donc été atteinte par un tir de ricochet". Cette version des faits, qui accrédite la thèse de l'accident, devra être confrontée aux relevés sur le terrain qui ont été pratiqués par les enquêteurs. Ils étaient encore à pied d'oeuvre ce matin. Neuf chasseurs participaient à cette battue dont le maire de Campsegret, Gérard Malaubier. Selon une source proche de l'enquête, celui-ci reconnait avoir tiré quelques secondes avant que le jeune homme s'écroule. Le jeune chasseur âgé de 26 ans, salarié de l'entreprise Brézac est originaire de Gardonne.

Autopsie ce mardi à Bordeaux

Pour l'instant, les circonstances de l'accident restent encore floues. Pour identifier clairement le tireur il faudra attendre que toutes les constatations de terrain soient terminées et que tous les témoins aient été entendus. Il faudra également attendre les résultats de l'autopsie qui devrait être pratiquée demain mardi à Bordeaux. Elle devrait permettre de mieux identifier la trajectoire du projectile et de vérifier si le type de munition utilisé est le même que celui de l'arme du maire de Campsegret .

Y'a-t-il eu des infractions à la police de la chasse lors de la battue ?

Le parquet s'interroge également sur le respect des règles de sécurité lors de cette battue aux sangliers. L'enquête devra déterminer si il y a eu des infractions en matière de police de la chasse concernant notamment les fameux tirs fichants qui doivent se faire du haut vers le bas.

L'auteur présumé du coup de feu n'a pas été placé en garde à vue. Le parquet " attend les résultats de l'enquête pour prendre une décision". En cas de poursuite pour homicide involontaire, le chasseur risque jusqu'à trois ans de prison et 45 000 euros d'amende ainsi que le retrait du permis de chasse. La peine peut aller jusqu' à cinq ans de prison en cas de circonstances aggravantes.

Dans un communiqué, la fédération départementale des chasseurs de la Dordogne rappelle que " même si condamner la chasse peut-être le réflexe premier de tout à chacun, et que cette émotion reste compréhensible, il convient au vu du nombre d'accidents lors de nombreuses autres activités de faire preuve de discernement". L' an dernier souligne la fédération, il y a eu 146 accidents de chasse en France dont 10 mortels..."des chiffres qui ne sont pas significatifs au regard des accidents de ski ou de motonautisme". La fédération indique également "qu'elle se réserve la possibilité de" se porter partie civile si des comportements contraires à la législation en vigueur dans le département, s'avéraient être à l'origine de ce tragique accident".