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Faits divers – Justice

Accident mortel de Paron en 2016, le chauffeur condamné à de la prison avec sursis

jeudi 15 février 2018 à 17:25 Par Renaud Candelier, France Bleu Auxerre

Le 8 septembre 2016, une mère de famille de trente-quatre ans décède sous un pont à Paron, écrasée par une remorque de camion. Le chauffeur a été reconnu coupable d'homicide involontaire par négligence ce jeudi 15 février 2018 par le tribunal correctionnel de Sens.

Salle d'audience du tribunal de Sens
Salle d'audience du tribunal de Sens © Radio France - Renaud Candelier

Paron, France

Ce 8 septembre 2016, deux mécaniciens en poids lourds interviennent pour relever une remorque accidentée dans un champ depuis plusieurs jours. Les deux dépanneurs chargent la remorque sur leur dépanneuse puis s'engagent sous le pont de de chemin de fer, à Paron. 

"La dame, ça va être juste"

L'enquête indique que le camion de vingt-cinq tonnes roulait à faible vitesse, entre 20 et 25 km/h. Sur le trottoir étroit qui borde la chaussée sous ce pont, le conducteur voit cette femme, "je me suis dit - qu'est-ce qu'elle fait là", raconte le prévenu à l'audience le souffle court. Son collègue, à bord, l'entend dire "la dame, ça va être juste". Puis il y a un bruit venant du haut, la remorque a accroché le tablier du pont. Elle sort de la plate-forme et se couche sur la victime. Le conducteur court alors vers la victime coincée sous des tonnes d'acier. Il ne peut que lui tenir la main.

Aucun panneau indiquant la hauteur sous le pont

Le tablier du pont est à 4,67 mètres de haut, la remorque installée sur le camion fait 4,77 mètres. Sauf qu'il n'y a aucun panneau indiquant la hauteur sous le pont. Par ailleurs, aucun panneau ne précise qu'il existe un autre passage pour les piétons, passage protégé qui n'est pas obligatoire. 

"Un manque de prudence qui a conduit à la mort de quelqu'un"

Le conducteur n'a consommé ni alcool, ni stupéfiant est un mécanicien expérimenté, quarante-deux ans d'ancienneté dans la même entreprise. "Mais c'est un accident qui aurait pu être évité" estime la procureure. "Monsieur n'est pas poursuivi pour avoir délibérément violé une règle du code de la route, mais pour ce qu'on appelle une faute simple, un manque de prudence, une négligence qui a conduit à la mort de quelqu'un. Cela aurait pu arriver à n'importe quel piéton à cet endroit."

Le parquet demande de la prison avec sursis

Le parquet considère que le conducteur aurait dû s'assurer qu'il pouvait passer en toute sécurité. Et que dans tous les cas, il aurait dû  laisser passer la dame. La procureure réclame une peine de douze mois de prison  avec sursis. Le tribunal décide de huit mois seulement avec sursis. Il accorde 30.000 euros de dommages et intérêts à chacune des trois filles, 25.000 euros à chacun des parents et 9.000 euros à sa sœur. Des sommes que devront payer solidairement le prévenu et sa compagnie d'assurance. "J'aurais dû m'arrêter", reconnaît le prévenu à la fin de l'audience, des larmes dans la voix. "J'étais passé des dizaines de fois sous ce pont."