Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Accident mortel à Satillieu : cinq ans de prison requis, "Je suis impardonnable" dit le prévenu

-
Par , France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu

Un Ardéchois de 37 ans était jugé ce jeudi au tribunal correctionnel de Privas pour homicide involontaire. Le 11 mai, jour du déconfinement, un garçon de 18 ans est mort à bord de sa voiture. L'homme roulait ivre avec sept jeunes, âgés de 15 à 20 ans, dans un Espace Renault sans banquette arrière.

Il y avait beaucoup de monde devant le tribunal de Privas avant l'audience.
Il y avait beaucoup de monde devant le tribunal de Privas avant l'audience. © Radio France - Claire Leys

La salle d'audience du palais de justice de Privas est pleine et le public, très jeune. Aux premiers rangs sont assis les adolescents présents le 11 mai, lors de l'accident. Esteban lui n'est pas là. Son père entre avec une immense photo encadrée de son fils, mort à l'âge de 18 ans. Tremblant, le prévenu prend la parole. "Je sais que je suis impardonnable", répète-t-il. Le procureur a requis cinq ans de prison dont deux ferme, ainsi qu'un mandat de dépôt, à l'encontre de ce conducteur ardéchois de 37 ans, gérant d'un camping dans le village de Satillieu (Ardèche).

Le prévenu reconnaît la plupart des faits : le 11 mai, en fin de journée, il prend l'apéro dans son camping avec une douzaine de jeunes, dont son fils. La vodka coule à flot, même pour les mineurs. "Une attitude pas très mature", assène le président du tribunal. Après avoir bu plusieurs verres "fortement dosés", selon certains adolescents, l'homme emmène sept de ces jeunes dans sa voiture pour faire des dérapages, des "freins à main". A l'arrière, pas de banquette : certains ados sont debout et leur tête dépasse du toit ouvrant. Puis, le conducteur prend un petit chemin et perd le contrôle du véhicule. Esteban se retrouve projeté contre un rocher, il meurt avant l'arrivée des secours. 

Taux d'alcoolémie exceptionnel

Le conducteur avait 3,5 grammes d'alcool dans le sang lorsqu'il a vu un médecin, environ deux heures après l'accident. "Une dose qui peut être mortelle, s'énerve le procureur. Monsieur ne pouvait pas ignorer qu'il mettait la vie de ces jeunes en danger", poursuit-il. "J'ai surtout bu après l'accident. Un litre de whisky cul sec... J'étais angoissé", répond le prévenu. "Cela ne colle pas avec ce que vous avez dit au médecin ce soir-là", rétorque le président du tribunal. 

En dépit de l'enquête, le déroulé de la soirée reste flou et les versions divergent. Après l'accident, l'homme de 37 ans, ainsi que son fils de 15 ans, assurent avoir tout fait pour sauver Esteban, jusqu'à l'intervention des pompiers. "Vous êtes rentré chez vous avant même l'arrivée des gendarmes ! Du début à la fin, vous n'avez pas assuré votre rôle d'adulte", déclare le procureur.  "Je n'ai pas voulu fuir, je savais que les gendarmes me trouveraient chez moi", rétorque l'homme, tête baissée. A la sortie du tribunal, la famille d’Esteban laisse exploser sa colère, "c'était mensonge sur mensonge", lâche son père. Le prévenu a été laissé libre sous contrôle judiciaire, le jugement sera rendu en juillet 2020.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess