Faits divers – Justice

Accueil des migrants dans la Loire : des plaintes après la réunion publique de mercredi

Par Julien Corbière et Mathilde Montagnon, France Bleu Saint-Étienne Loire jeudi 15 septembre 2016 à 13:47

Le préfet de la Loire Evence richard
Le préfet de la Loire Evence richard © Radio France - Mathilde Montagnon

Après la réunion publique de mercredi soir à Saint-Denis de Cabanne, le Préfet de la Loire annonce sur France Bleu que des plaintes vont être déposées. Des propos très durs ont été tenus, une "incitation à la haine raciale" selon le Préfet qui tape du poing sur la table.

Mercredi soir, la réunion concernant l'accueil de migrants à Saint-Denis-de-Cabanne près de Roanne, s'est déroulée dans un climat particulièrement tendu. Elle était dirigée par le sous-préfet de l'arrondissement et le maire de la commune, René Valorge. Des militants du Front National ont participé au débat. Les questions les plus taboues ont été mises sur la table et force est de constater que le débat a dérapé quand certains participants se sont publiquement interrogés sur d'éventuels "vols et viols" qui pourraient être commis par ces personnes accueillies.

133 personnes doivent être prochainement accueillies dans le département de la Loire, dont plusieurs dizaine à Saint-Denis-de-Cabanne où la préfecture a décidé de réquisitionner le centre de vacances EDF-GDF de novembre à avril. La réunion publique avait pour but d'associer les habitants à cette démarche. Le débat déchaîne les passions dans le village et autour, et le Front National semble décidé à profiter de cette occasion pour dénoncer la politique menée par le gouvernement français en matière d'accueil des migrants.

Le préfet tape du poing sur la table : "incitation à la haine raciale"

Pour Évence Richard, Préfet de la Loire et invité de France Bleu ce jeudi midi, certains propos qui ont été tenus sont inadmissibles. Il annonce que des plaintes vont être déposées. Il ne mâche pas ses mots à l'encontre des personnes qui ont fait ces déclarations et défend avec force la position de l'État dans ce dossier.

"Quand on me dit "on va violer toutes les femmes qui vont passer", non seulement ça relève du fantasme, mais ça relève très exactement de l'incitation à la haine raciale !" (Evence Richard, préfet de la Loire)

La mise au point du préfet de la Loire, après la réunion de mercredi

Evence Richard : Ce qu'on a entendu hier soir, pour certains de ces propos, c'est inadmissible. Il y a des choses qui ont été écrites, qui ont été prononcées, qui ne peuvent pas rester sans suites.

FBSEL : Des plaintes ?

ER : Tout à fait. Les hommes qui ont être accueillis sont des personnes qui ont des parcours difficiles, qui ont fui des pays en guerre, qui ont été obligés de traverser des pays dans des conditions difficiles. Il n'y a pas de raison de voir en eux des espèces de sauvage ou de barbare. Quand on me dit "on va violer toutes les femmes qui vont passer", non seulement ça relève du fantasme, mais ça relève très exactement  de l'incitation à la haine raciale. Et sauf erreur de ma part, c'est pénalement répréhensible. Aujourd'hui quand on montre le corps du petit Aylan noyé sur une plage, tout le monde pleure devant son téléviseur, quand on diffuse des images de la jungle de Calais tout le monde est horrifié (...) Mais quand il s'agit dans une région de 7,7 millions d'habitants, d'accueillir 1400 migrants, il n'y a plus aucun volontaire. Ou alors oui on peut, mais loin de chez moi (...) Quand vous êtes dans cette situation, votre premier souci n'est pas d'embêter les personnes qui vivent à proximité.

Ce jeudi après-midi, la préfecture indique que c'est le procureur de la République qui engage la procédure.