L'islamologue Tariq Ramadan mis en examen pour viol et incarcéré
Tariq Ramadan, visé par deux plaintes pour viol en France, a été mis en examen ce vendredi soir pour "viol et viol sur personne vulnérable". Il a été incarcéré.

L'islamologue suisse Tariq Ramadan a été mis en examen ce vendredi soir pour "viol et viol sur personne vulnérable". Il a été incarcéré dans l'attente d'un débat sur son placement en détention provisoire. L'intellectuel controversé, 55 ans, avait été placé en garde à vue mercredi dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte à son encontre pour "viols et violences volontaires", et le juge d'instruction en charge du dossier avait ouvert une information judiciaire ce vendredi après-midi.
Une cicatrice déterminante
Tariq Ramadan est visé par deux plaintes pour viol. Jeudi, durant sa deuxième et dernière journée de garde à vue, Il a été confronté à la seconde femme qui l’accuse. Elle affirme avoir été séduite courant 2009 par Tarik Ramadan sans le rencontrer, via des échanges sur internet : messages, photos, conversations sur Skype, jusqu’à leur première rencontre physique le 9 octobre 2009, lors d’une conférence. Elle affirme avoir été violée, frappée et humiliée par Tariq Ramadan dans la chambre qu’il occupait dans l’ancien hôtel Hilton de Lyon.
Cette femme avait déjà fourni aux enquêteurs des éléments matériels attestant de leur relation virtuelle : des sms, des photos, des captures d’écrans. Jeudi, face à Tariq Ramadan qui continue de nier le viol, cette femme a apporté un élément nouveau, relate franceinfo : l’existence chez Tariq Ramadan d’une cicatrice de trois centimètres entre le sexe et le pli de l’aine. Confronté à ces éléments, Tariq Ramadan a refusé de signer le procès-verbal à l’issue de cette confrontation.
"Campagne de calomnie"
A la suite du scandale Weinstein aux Etats-Unis, deux femmes ont accusé fin octobre le théologien de les avoir violées, l'une en 2009 dans un hôtel lyonnais, l'autre en 2012 dans un hôtel parisien. Ce petit-fils du fondateur de la confrérie égyptienne islamiste des Frères musulmans, professeur d'Etudes islamiques contemporaines à Oxford (Royaume-Uni), avait alors dénoncé "une campagne de calomnie".
Avant de le convoquer, les policiers ont mené trois mois d'enquête préliminaires qui avaient débuté rapidement par l'audition des plaignantes, à Rouen et Paris.