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Accusé de viol, Jean-Michel Baylet dénonce une vengeance : la réponse de l'avocate de la victime présumée

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Jean-Michel Baylet évoque une vengeance après le dépôt d'une plainte pour viol et agressions sexuelles sur mineur le visant. L'ancien ministre est accusé par Nathalie Collin, fille de l'un de ses anciens proches. L'avocate de cette dernière dénonce "un système de défense assez lamentable".

Jean-Michel Baylet est accusé de viol et d'agression sexuelle par Nathalie Collin
Jean-Michel Baylet est accusé de viol et d'agression sexuelle par Nathalie Collin © Maxppp - Max BERULLIER

Accusé de viol et d'agressions sexuelles sur mineur, Jean-Michel Baylet a pris pour la première fois la parole il y a quelques jours dans la Dépêche du midi. Il s'y défend, parle de "calomnie" et dénonce une vengeance politique de la part du père de celle qui l'accuse : Nathalie Collin, fille d'Yvon Collin, ex-sénateur du Tarn-et-Garonne. Nathalie Collin a porté plainte en août dernier, pour des faits qui se seraient produits, selon elle, alors qu'elle avait 12 ans.

Son père était alors proche de Jean-Michel Baylet. Le maire de Valence-d'Agen, patron du journal La Dépêche du Midi, et ex-ministre sous le mandat de François Hollande accuse son ancien ami de manipuler sa fille. Une défense que récuse Zoé Royaux, l'avocate de Nathalie Collin. Entretien avec celle qui est aussi porte-parole de la Fondation des femmes.

France Bleu Occitanie : Comment votre cliente a réagi à cette interview de Jean-Michel Baylet dans La Dépêche du Midi ? 

Elle était à la fois indignée et en même temps elle s'y attendait parce que la carte du complot politique était assez facile à sortir, et elle était assez persuadée que c'est un système de défense que pourrait adopter Jean-Michel Baylet. Il n'y en a pas tellement d'autres en fait. Elle est à la fois indignée et en même temps, malheureusement, assez peu surprise.  

"La carte du complot politique était assez facile à sortir."

Je considère que c'est un système de défense assez lamentable. C'est celui qu'a choisi d'adopter Jean-Michel Baylet, mais c'est regrettable parce qu'en fait, il y a une confusion totale. On parle de deux sujets : il [Jean-Michel Baylet] a eu un différend politique important, profond, et très ancien avec Yvon Collin, qui est le père de Nathalie Collin, et qui travaillait avec Jean-Michel Baylet à l'époque.

Ça fait un certain temps qu'ils sont maintenant divisés. Mais ça n'a absolument rien à voir en termes de chronologie et en termes de fond avec Nathalie Collin qui décide de porter plainte.

Qu'est-ce que cela provoque comme conséquences ?

C'est terrible parce que c'est aussi pour ça que parfois les victimes hésitent à porter plainte. Ça n'est pas propre à Nathalie Collin, les victimes ont toujours l'impression qu'on va récupérer leur parole, qu'on va l'interpréter et la modifier, la détourner et essayer de faire des victimes des personnes passives. Jean-Michel Baylet, dans l'interview qu'il donne à La Dépêche explique que Nathalie Collin a été instrumentalisée par son père.

Comme si elle n'avait pas aujourd'hui la capacité de pouvoir porter son propre combat. Je note d'ailleurs qu'il [Jean-Michel Baylet] choisit pour cette interview son journal, ça n'est pas anodin, il y a des questions très confortables qui lui sont posées.  En vérité, il y a deux combats différents : il y a le combat que peut mener son père (...) et puis, il y a aujourd'hui le combat, qui est celui de Nathalie Collin.

Dans son interview à la Dépêche du Midi, Jean-Michel Baylet, dit que c'est Yvon Collin qui a initié la procédure. Très factuellement, qu'en est-il ?

Très sincèrement, ça n'est pas complètement vrai. Je pense que le problème dans ce genre de situation, et ça n'est pas propre à la famille Collin, c'est quand les parents réalisent tout d'un coup qu'ils n'ont pas pu, à l'époque, protéger leur fille. Ils n'en sont pas responsables, mais en ce qui les concerne Jean-Michel Baylet était un ami du père de Nathalie Collin. Nathalie Collin a décidé d'en parler à sa famille, et son père à ce moment là a voulu la protéger.

Et pour lui, la protéger, c'était dénoncer les faits auprès du parquet. Ça n'était pas forcément le tempo choisi par Nathalie Collin, qui a déposé plainte à la mi-août dernier pour raconter sa propre histoire. Elle n'était pas prête à porter ce combat il y a quelques années. Le problème, c'est qu'au lieu d'écouter les victimes, on leur reproche toujours le temps qu'elles ont pris pour pouvoir avoir le courage et la force de passer la porte d'un commissariat.

Il faut bien comprendre que pour Nathalie Collin, s'en prendre à cet homme, qui par ailleurs est objectivement un homme puissant, était extrêmement compliqué (...) Elle savait qu'il y aurait des répercussions importantes.

Un dernier mot sur la procédure judiciaire. Les faits sont prescrits. Est-ce que ça veut dire qu'il n'y aura pas de suites ? 

Le parquet de Paris comprend bien que parfois le temps légal de la prescription n'est pas un temps qui convient aux victimes qui étaient mineures au moment des faits. Donc il est d'usage maintenant que le parquet décide d'ouvrir une enquête, même quand les faits sont prescrits. 

Contrairement à ce que dit Jean-Michel Baylet, qui n'est pas un juriste, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de charges. Ce que disent les policiers, c'est que les faits sont prescrits. Donc ça veut dire qu'effectivement, il ne pourra pas, concernant l'affaire Collin, il y avoir des poursuites. Pour autant, les policiers et le parquet prennent les faits dénoncés au sérieux

Donc, ils ouvrent une enquête. (...) Nous attendons de voir si, éventuellement, d'autres femmes décident de prendre la parole et de dénoncer des faits contre celui-ci parce que c'est souvent le cas. Vous savez, il y a une première victime qui a le courage de faire et après, ça donne du courage à d'autres et on se sent plus forte quand on est nombreuses.

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