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Faits divers – Justice

Action collective contre la nouvelle formule du Levothyrox : délibéré attendu ce mardi

lundi 4 mars 2019 à 18:36 Par Bénédicte Dupont, France Bleu Occitanie

Très attendu ce 5 mars, le délibéré du tribunal d'instance de Lyon sur l'action collective de plus de 4.000 malades de la thyroïde contre le laboratoire Merck. Menée par un cabinet d'avocats toulousains, cette action au civil souligne le défaut d’information de ces plaignants.

 En vert la nouvelle formule du Levothyrox, en violet l'ancienne.
En vert la nouvelle formule du Levothyrox, en violet l'ancienne. © Radio France - Bénédicte Dupont

Toulouse, France

L'audience avait eu lieu le 3 décembre dernier à Lyon. Dans cette action collective conjointe (à ne pas confondre avec une action de groupe qui ne concerne que le secteur de la consommation, pas les médicaments), les 4.115 plaignants réclament 10.000 euros de dédommagement au titre du préjudice moral. Cette procédure vise à reprocher un "défaut d'information" au laboratoire Merck qui a commercialisé en 2017 la nouvelle formule du Levothyrox. Le tribunal met à disposition son délibéré ce mardi après-midi, à 15 heures.

Lorsque Merck a mis sur le marché sa nouvelle formule, aucun patient n'a été avisé du changement de molécule. Alors quand certains ont été malades, cela a créé un préjudice moral, un état d'anxiété fort puisqu'ils ne comprenaient pas ce qui se passait. — Me Christophe Léguevaques

Dans tous les cas, la partie perdante fera appel : jamais Merck n'acceptera de verser ces sommes, et jamais les plaignants ne s'arrêteront là si ils sont déboutés.

En juillet 2017, je me suis retrouvée bloquée du dos pendant deux semaines, comme une loque, je ne pouvais même pas me laver seule. Sans savoir que c'était à cause de la nouvelle formule du Levothyrox. Je crains que nous ne gagnions pas car on sait très bien qu'il y a des choses qui nous dépassent, politiquement. — Corinne Dardenne, plaignante toulousaine

Le juge toulousain a refusé l'expertise du médicament

D'autres procédures civiles sont toujours en cours. La justice a ainsi déjà ordonné à Merck de délivrer l'ancienne formule Lévothyrox pour quelques dizaines de plaignants en Haute-Garonnne. En novembre 2018, le TGI de Toulouse a aussi exigé une expertise médicale des victimes. Mais ce 22 février, il a aussi refusé que le médicament lui-même soit expertisé, ce que réclame notamment le collectif des victimes du nouveau Levothyrox Occitanie. 

Il faut que l'on sache ce qu'il y avait dans ce médicament qui nous a rendu malades. On doit prouver que la composition du Lévothyrox nous a empoisonné. Alors là éclatera vraiment le scandale sanitaire, et nous serons reconnus comme victimes d'un scandale sanitaire. Et cette fois ça ne concernera pas 4.000 personnes, mais trois millions de Français. — Sylvie Chéreau, fondatrice du collectif des victimes du nouveau Levothyrox Occitanie

Parmi les 4.115 plaignants impliqués aujourd'hui à Lyon, bon nombre sont aussi engagés dans la procédure pénale à Marseille. En mars 2018, le parquet de Marseille a ouvert une information judiciaire pour tromperie aggravée, blessure involontaire et mise en danger d’autrui. Depuis, plus de 7.000 plaintes ont afflué. Et le parquet a élargi l'enquête au motif d'homicide involontaire après le décès d'une femme. Ce sera cette fois-ci beaucoup plus long, sur au moins cinq années.